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La Ducasse de Mons

Ducasse de Mons

N° de référence du dossier : Reconnaissance n° 15
Reconnu depuis le 12 mai 2004 par la Ministre de la Culture en tant que Chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel

Inventaire mis à jour le 16 juillet 2019

 


1. ASPECTS PRATIQUES

 

 

 

a. Nom de l’élément : Ducasse de Mons

 

 

 

b. Localisation géographique : ville de Mons, en province du Hainaut

 


c. Communauté concernée (groupes ou individus) : 

 

Les associations organisatrices : l'Assemblée particulière des acteurs du Combat dit Lumeçon, la Procession du Car d'Or, asbl, la Fabrique d'église Sainte-Waudru, le Musée du Doudou, la Ville de Mons. 

La population de la ville de Mons. 

Toute personne étant attachée à l’identité et aux traditions de la ville de Mons, chambourlettes (invités des locaux pendant la manifestation)

 

d. Société ou groupe responsable : 

 

Plusieurs groupes ou associations sont responsables de l’organisation de l’ensemble de la Ducasse :

-La Ville de Mons - Cellule du Lumeçon ;

- l'Assemblée particulière des acteurs du Combat dit Lumeçon ;

- La Procession du Car d'Or, asbl ;

- la Fabrique d'église Sainte-Waudru ;

-Le Musée du Doudou.

 

e. Personne(s) de contact :

 

Cellule du Lumeçon

Joëlle WATTIER

Réalisatrice générale du Lumeçon (Petit Lumeçon compris ; responsable cellule Lumeçon)

Hôtel de Ville de Mons

Grand-Place

B-7000 Mons

Tél. : 00.32.(0)65/40.51.85

e-mail : joelle.wattier@ville.mons.be

 

Assemblée particulière des acteurs du Combat dit Lumeçon 

Massimo Falasca, Président

Rue Arthur Duquesne, 87

B-7032 Spiennes

e-mail : mass.falasca@gmail.com

 

« Procession du Car d’Or », asbl

Henri BROUET

Président 

e-mail : hbcardor@skynet.be

 

Descente de Châsse :

André MINET

Doyen principal de Mons

e-mail : andre.minet@skynet.be

 

Pierre DUFOUR

Président de la Fabrique d'église Sainte-Waudru

Vice-président de l'asbl "Sainte-Waudru"

e-mail : pierre.dufour@skynet.be

 

Thierry HEROUFOSSE

Réalisateur de la Descente de Châsse

e-mail : thierry.heroufosse@skynet.be


Musée du Doudou – Ville de Mons

Manuela VALENTINO

Conservatrice des Patrimoines UNESCO 

Hôtel de Ville de Mons

Grand-Place

B-7000 Mons

Tél. : 00.32.(0)65/40.53.16.

e-mail : manuela.valentino@ville.mons.be

 


2. HISTORIQUE  

 

Sainte Waudru est considérée comme la fondatrice de la ville de Mons. Au XIIIe siècle, des mentions attestent de la présence d’une procession de la châsse de la sainte dans la ville. 

 

En 1349, devant l'épidémie de peste, l'Autorité civile et le Clergé décident d'organiser une procession exceptionnelle, au cours de laquelle le corps de sainte Waudru est placé sur un char.

Dès 1352, une procession annuelle prend forme et se concrétise. Il est décidé qu’elle se déroulerait chaque année le dimanche de la Trinité.

 

En 1380, une confrérie de "Dieu et Monseigneur saint Georges" voit le jour à Mons. Rapidement, les membres de cette confrérie participent à la Procession du Car d’or en accompagnant la châsse de Saint Georges. 

Ils décident ensuite introduire, dans le cortège, des simulacres mettant en scène un "jeu" évoquant la lutte du saint, héros du combat, contre le Dragon. Ce "jeu" se base sur la Légende dorée, écrite au XIIIe siècle par Jacques de Voragine. Selon cette légende, saint Georges serait un jeune officier chrétien, prince de Cappadoce qui, au IVe siècle de notre ère, aurait tué un dragon pour sauver la vie d'une princesse. Mais cette tradition générale possède aussi sa version "locale" : le seigneur Gilles de Chin, qui aurait terrassé, en 1133, une créature monstrueuse qui vivait dans les marais de Wasmes (dans le Borinage). À Mons, les deux légendes se sont entremêlées et c'est dans ce "creuset" que naitra le Lumeçon.  

Les origines du Lumeçon datent donc de cette année 1380, même si c'est seulement en 1440-1441 que l'on trouve la toute première mention écrite du "jeu de saint Georges", dans les comptes de la Massarderie (soit l'ancienne perception des impôts). Il s'agit d'achat de "clayes" destinées aux "Compagnons qui devaient jeuwer le jeu Saint-Jorge". Diverses mentions, dans les comptes des XVIe et XVIIe siècles, font état de réparation de "l'épée" de Saint-Georges, de fréquentes réfections du "dragon" signalant que le porteur doit en agiter la queue. Il ressort de ces indications que le groupe qui figurait dans la procession comprenait saint Georges et un dragon porté, que tenait en laisse, au bout d'une cordelière de soie, la "Pucelette", que l'on retrouve encore aujourd'hui dans la Procession. 

La première mention du « jeu de saint Georges » apparaît dans les comptes de la confrérie en 1502. 

L'introduction d'un Dragon dans une procession était courante au Moyen Âge. Toutefois, certains indices nous permettent de penser qu'à Mons, le Dragon était moins "processionnel" qu'ailleurs. Pour preuve, les mentions des comptes qui, dès 1524, témoignent que chaque année, sa queue devait être raccommodée. On faisait ainsi l'économie de plusieurs dragons figurant sa défaite grâce à un combat au cours duquel, d'une manière ou d'une autre, sa queue sortait endommagée. Les mêmes mentions nous renseignent sur la fourniture de suif dont on enrobe aujourd'hui encore le crin qui orne son énorme appendice, pour en rendre la prise plus incertaine et difficile.

Ainsi semble être né le jeu du Lumeçon avec ses composantes majeures.

 

L'évolution du Lumeçon se traduit par la création de nouveaux personnages autour des rôles principaux tenus par Saint-Georges et par le Dragon. Ainsi, les Chin-Chins et les Diables, forcément indissociables, font leur apparition dans la seconde moitié du XVIIe siècle (entre 1667 et 1703). Les Hommes de feuilles naissent quant à eux dans la première moitié du XVIIIe siècle (1723). L'une des plus anciennes descriptions connues du groupe Lumeçon dans la Procession est donnée par GJ de Boussu (dans Histoire de La Ville de Mons, p.41) en 1725 : "En mémoire de cette victoire signalée, on porte à la Procession solennelle qui se fait le jour de la Très-Sainte-Trinité, la figure d'un dragon entouré de plusieurs cavaliers qui représentent le valeureux Gilles de Chin avec sa suite, que la corruption du langage, ou plutôt, l'ignorance du peuple qui tourne ce Mystère en ridicule, appelle les 'Chin-Chins'." 

 

Le combat est resté intégré à la Procession elle-même jusqu’au début du XIXe siècle, avant d’en être totalement exclu. En 1819 en effet, le doyen de l'époque interdit la présence des acteurs du "Jeu de saint Georges et du Dragon" dans la Procession. Le Lumeçon est officiellement exclu de la Procession et prend place... sur la Grand-Place, se déroulant dès que les reliques de sainte Waudru sont rentrées dans la collégiale à l'issue de la Procession. Finalement, cette exclusion aura sans doute constitué la grande chance du Lumeçon... Près de deux siècles après avoir pris son envol, le Lumeçon n'a pas fondamentalement changé, même s'il a considérablement évolué, comme notre société. Mais le climat a beaucoup évolué, dans l'attitude du public notamment.

 

Vers 1850, une palissade est installée pour séparer les acteurs du public. Cette clôture est ensuite remplacée par une corde, plus symbolique. Boudé par la bourgeoisie catholique de Mons durant tout le XIXe siècle et jusqu'à la première Guerre Mondiale, le Lumeçon n'est prisé que par des catégories sociales dites inférieures. Ainsi, le public-participant est limité aux "gens du culot" ou aux "gens du rempart" que le refrain de l'air du Doudou désigne comme les couches sociales les moins favorisées. Le Doudou est alors considéré comme du "vulgaire floklore".

Dans l'entre-deux-guerres, le combat s'ouvre à toutes les catégories sociales et le public devient participant à part entière. Les Montois se font de plus en plus pressants pour s'approcher du Dragon et lui arracher des crins et des rubans, dans le cortège qui l'amène de la collégiale Sainte-Waudru à la Grand-Place. C'est ainsi que la police communale est amenée à protéger le Dragon durant la descente de la rue des Clercs. 

 

Les années 70 seront celles de la relance, avec l'écriture d'un scénario plus rigoureux, la confection d'un nouveau Dragon et l'augmentation du nombre de personnages. Le tout sous la houlette de Georges Raepers, avocat de formation, emblématique réalisateur du Combat de 1973 à 2002. C'est sans doute le perfectionnement du jeu scénique sans cesse remis sur le métier qui aura l'influence la plus déterminante sur l'attitude de la foule. Le public de la corde a progressivement digéré le scénario. Aujourd'hui, le Lumeçon est mieux compris par tous, et chacun joue le jeu en sachant que sans ce consensus, il ne pourrait y avoir de combat.  

 

Le Lumeçon évolue sans cesse, à l’instar de notre société et de la vie. Chaque geste, chaque phase de jeu est désormais analysée, notée, amendée, corrigée. Le rituel du Combat, réactualisé dans les années 70 et 80, a intégré des éléments modernes, tels le rôle joué par les pompiers et la police communale, tous en uniforme de la première moitié du XXe siècle.  

Depuis 2000, deux nouveaux personnages de femmes ont fait leur apparition : Cybèle et Poliade.

 

En 2005, la Ducasse rituelle de Mons est reconnue par l’UNESCO dans le cadre de la candidature collective « Géants et Dragons processionnels de Belgique et de France ». En 2008, ils ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. 

 

 

3. SITUATION ACTUELLE



a. DESCRIPTION

Décrire l’élément actuel dans son ensemble.

 

La Ducasse rituelle de Mons, qu’on appelle également le « Doudou » se déroule chaque année le week-end de la Trinité. Elle est composée de quatre temps forts : 

 

-Temps 1 : La descente de la chasse de Sainte-Waudru, sainte patronne de la ville de Mons, samedi soir.

Trompettes thébaines, timbales et orgues résonnent dans la Collégiale et marquent l’ouverture de la cérémonie. Durant cette séance solennelle, au cœur de la Collégiale Sainte-Waudru, le Doyen confie au Bourgmestre les reliques de sainte Waudru afin de les processionner, dès le lendemain, dans les rues de la ville. Cette procession des reliques de la sainte tire ses origines d’un tour instauré en 1349 afin de conjurer l’épidémie de peste noire qui frappait alors l’Europe. La cérémonie actuelle, moment de ferveur, a été établie en 1962. A la fin de celle-ci, l’air du Doudou éclate dans la Collégiale où croyants et athées se rejoignent dans la clameur et les applaudissements.

 

-Temps 2 : La Procession du Car d’Or, dimanche matin. La châsse de Sainte-Waudru est posée sur le Car d’Or, un char d’apparat du XVIIIe siècle, tiré par six chevaux. Plus de 1.800 participants, une soixantaine de groupes (confréries, corporations,… qui ont un lien avec la Ville de Mons et/ou avec sainte Waudru) défilent dans les rues de Mons, selon un parcours précis. Ils sont suivis du Car d’Or, sur lequel est posée la chasse de sainte Waudru. 

 

-Temps 3 : La montée du Car d’Or, dimanche midi. Au terme de la Procession, lorsque tous les groupes ont terminé le tour processionnel, le Car d’Or qui porte la châsse de Sainte-Waudru, doit gravir en un seul élan la Rampe Sainte-Waudru, rue pavée et montante qui longe la Collégiale. Ce moment-clé de la Ducasse rituelle marque le glissement du caractère religieux de la manifestation vers la dimension laïque de la manifestation. Perché aux fenêtres, sur les toits, la foule s’amasse pour partager ce moment unique, rempli d’émotion. La clameur s’élève et, dans un enthousiasme général, des milliers de mains poussent le Car d’Or dans la Rampe Sainte-Waudru. L’enjeu est d’importance : une légende prétend qu’il doit gravir d’un seul élan la Rampe afin d’éviter malheur à la ville. En l’espace d’une vingtaine de secondes, le Car d’Or est au sommet, la marée humaine s’en détache alors pour rejoindre le combat. Les reliques de sainte Waudru ont à peine regagné la Collégiale que, déjà, saint Georges part affronter le Dragon. 

 

-Temps 4 : Le « Combat dit Lumeçon », dimanche 12h30. Au terme de la montée du Car d’Or, saint Georges et tous les personnages du combat (chins-chins, hommes blancs, hommes de feuilles, diables, Cybèle, Polyade, pompiers, policiers), descendent la rue des Clercs afin de rejoindre l’arène au centre de la Grand Place. Des milliers de personnes se sont rassemblés autour de l’arène de sable, avides d’arracher le crin porte-bonheur qui termine la queue du dragon. La dimension participative y est centrale. Au terme d’un jeu minutieusement scénarisé, le dragon est terrassé par saint Georges. 

 

La mise en place de de ces évènements demande une coordination et une organisation qui constitue un temps important de travail.

 

Le dimanche suivant est organisé le « Petit Lumeçon ». Il s’agit du même combat mais joué par des enfants pour les enfants. Tous les personnages sont présents. 

 

 

b. DOMAINE(S) DU POI 

La reconnaissance entre dans quel(s) domaine(s) du POI ? 

 

Les traditions et expressions orales, y compris la langue

Les pratiques sociales, rituels et événements festifs

Les savoir-faire liés à l’artisanat

 

 

c. TRANSMISSION

L’élément est-il bien vivant ?

Comment est-il transmis aujourd’hui ? 

Quelles sont les actions entreprises pour garantir la viabilité de l’élément et sa transmission ?

 

La Ducasse de Mons attire chaque année des milliers de personnes. Il constitue une tradition qui se transmet de génération en génération. 

La transmission se fait tout d'abord de manière intergénérationnelle au sein de la famille. Les jeunes enfants sont conscientisés depuis leur plus jeune âge à l’importance de s’investir dans la manifestation et à perpétuer ainsi leur patrimoine. 

 

Pour devenir acteur du Lumeçon, tous les montois âgés de 18 à 32 ans peuvent poser leur candidature auprès de la ville de Mons. La cellule du Lumeçon se chargera de choisir les candidats. 

www.mons.be/patrimoine-mondial/ducasse-de-mons/doudou/ducasse-rituelle/combat-dit-lumecon/devenir-acteur

 

Pour participer en tant que figurant à la procession du Car d’Or, un appel à la population est ouvert chaque année en amont de la manifestation. Tout le monde peut s’y inscrire.

 

Pour participer en tant qu’acteur au Petit Lumeçon, une procédure est à suivre pour les enfants inscrits en sixième primaire à Mons, l’année du combat.

L’organisation du Petit Lumeçon permet de transmettre également la tradition aux plus jeunes.

 

La transmission se fait également par le biais du Musée du Doudou qui a ouvert ses portes en 2015 et qui reçoit chaque année des milliers d’enfants. Le Musée conserve aussi la « mémoire » des différentes phases et spécificités de la manifestation, objets et archives incontournables. Il devient aussi un lieu de débat, de découvertes possibles toute l’année pour les montois et non-montois autour de la Ducasse rituelle de Mons. Différents outils pédagogiques, livres, à destination des plus jeunes sont composés par le musée et contribuent aussi à la transmission.

 

 

d. SAUVEGARDE

Expliquer si l’élément en question est menacé de disparition.

Lister les menaces et dangers éventuels.

Indiquer les actions entreprises pour sa sauvegarde.

L’élément doit-il bénéficier de mesures de sauvegarde urgente ? Expliquer pourquoi.

 

Actuellement, l’élément ne semble pas menacé de disparition. Néanmoins, une attention particulière est donnée en ce qui concerne les savoir-faire nécessaires à la mise en place de la manifestation. Un colloque en partenariat avec le Musée international du masque à Binche, sous le haut-patronage de la commission francophone et germanophone de l’UNESCO, se tiendra les 8 et 9 novembre 2019.

 

Par le biais de visites guidées et/ou conférences diverses, de sa stratégie scientifique autour de la préservation du Patrimoine immatériel, le Musée du Doudou participe aussi à la sauvegarde.


e. ASPECTS SOCIOLOGIQUES ET HUMAINS

Qui sont les détenteurs, praticiens de l’élément ?  

Faire apparaître le caractère emblématique pour la communauté concernée (sentiment d’identité, d’appartenance, de continuité).

 

Les différentes associations organisatrices de l’évènement sont les détentrices de l’élément. Elles se coordonnent autour de leurs Présidents, ressources humaines en dialogue avec la Ville (cellule Lumeçon, service événement, Musée du Doudou) et la Fabrique d’Eglise de la Collégiale Sainte-Waudru.

 

A Mons, être invité ou participer à la Ducasse rituelle en tant qu’acteur, participant ou dans le public est aussi une stratégie d’intégration. Percevoir, participer aux différents temps forts de la manifestation demande un « écolage » ou une expérience, un vécu tissé entre les habitants de générations en générations avec les composantes géographiques de la ville de Mons. 

 

« Le Doudou » est sans aucun doute un des moments les plus importants dans la vie familiale et sociale des montois, vu les regroupements familiaux importants, le temps et les budgets que les montois allouent à la manifestation, l’importance donnée par les participants à la manifestation, l’enthousiasme du public d’année en année. 

 

 

f. ETENDUE GEOGRAPHIQUE

Situer l’élément dans le(s) lieu(x) où il se concentre, et si possible dans une perspective régionale, nationale et/ou internationale (comparaison, ouverture vers l’extérieur, relation géographique ou pratique similaire). 

 

L’élément se situe à Mons. Mais par sa perspective nationale et internationale, il a des liens en dehors de la ville.  

Au niveau local, il existe de nombreux échanges entre le groupe des acteurs du Lumeçon et les acteurs de la Ducasse d’Ath. Au niveau international, une charte sera signée en Mons et Bessel (Pays-Bas) mais aussi 8 villes européennes qui possèdent encore aujourd’hui un combat de Saint Georges et du Dragon (Furth im Wald (Bayern) en Allemagne ; Montblanc en Catalogne (Catalunya), Aragon (Région) en Espagne, Ferrara en Italie, Ragusa (Sicile) en Italie ; Mançao au Portugal ; Sefton au Royaume-Uni. L’objectif est par le biais de cette charte est de s’engager à la sauvegarde de ces patrimoines et à créer des événements culturels (expositions, conférences, échanges de compétences) entre ces villes.

 

g. LEGALITE

Démontrer que l’élément est conforme aux Droits de l’Homme, aux respects mutuels et à la législation en vigueur en FWB.

 

L’entièreté de la manifestation s’effectue dans le respect des droits et de la législation en FWB. 

 

 

h. FONCTIONS SOCIO-CULTURELLES

Expliquer le rôle socio-culturel de l’élément sous quatre aspects :

 

- Dialogue intergénérationnel :

 

 La Ducasse rituelle de Mons dit « Doudou » est l’occasion de partager une expérience intergénérationnelle, d’apprendre, de transmettre des savoir-faire et des savoir-être et de partager des moments.

 

Un exemple concret est la présence de plusieurs générations d’acteur du Lumeçon ou de participants à la procession dans une même famille. La présence du combat du Petit-Lumeçon qui chaque année regroupe de plus en plus de jeunes permet aussi de mesurer l’engouement du public et les liens qui se tissent entre grands-parents, enfants et petits-enfants dans le cadre de la manifestation.

 

- Dialogue multiculturel :  

 

La Ducasse rituelle de Mons est l’occasion d’un dialogue multiculturel, puisque de nombreux touristes étrangers, locaux d’origines diverses viennent y assister et sont parfois invités dans les maisons privées. C’est aussi un moment « sacré », à laquelle toute la ville prend part et donc, un moment de cohésion sociale, de dialogue multiculturel pratiqué à différents niveaux. Toute la population s’y retrouve et est représentée notamment au travers des personnages. Le premier acteur reste le public à Mons. 

Les montois accueillent aussi chaque années des milliers de chambourlettes, invités des montois, amenés à être écolés par un montois dans la foule et dans la manifestation. Des actions de médiation sont mises en place par la ville : greeters (accueil de touristes par des montois), accès au combat pour les PMR, accès aux jeunes en difficultés par le rotary club de Mons par exemple, etc.

Le Musée du Doudou, permet aussi d’ancrer le dialogue multiculturel toute l’année au travers de l’accueil de groupes d’origines différentes qui découvrent la manifestation et l’accueil de la population locale en ce compris primo-arrivants ou réfugiés.

 

- Développement durable (environnement, santé, économie inclusive, etc.) :

 

L’environnement est pris en compte par l’organisation de la Ville surtout dans la dimension festive de la manifestation (verres réutilisables, poubelles adaptées, etc.). Les revenus économiques sont importants – surtout dans le secteur horeca - puisque les cafés, restaurants du centre-ville sont pris d’assauts par le public pendant une dizaine de jours.

 

- Diversité et créativité humaine : 

 

Chaque année, régisseurs, couturières et artisans fabriquent de nouveaux costumes pour les participants (procession, combat dit Lumeçon, combat du petit-Lumeçon), le Dragon, les carcasses de Chin-chin, etc. sont complétement retravaillés pour l’occasion. 

Dans le cadre du projet de la capitale européenne de la culture en 2015, différents stylistes se sont penchés sur des créations d’inspiration combat dit Lumeçon mais présentées en marge de la manifestation.

 


i. RECONNAISSANCE

Qu’est-ce que la reconnaissance en tant que Chef d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles a apporté à l’élément ? 

 

La reconnaissance a surtout apporté une aura plus importante, notamment au niveau de la presse. 

Elle a un impact positif sur la tradition (plus de diversités dans les nationalités des touristes, plus de rayonnement au national et à l’international) mais elle n’en a pas modifié les fondements. 

 

La création du Musée du Doudou est le résultat de ces deux reconnaissances (FWB et UNESCO). Ce musée s’attache notamment à comprendre et à valoriser les différents aspects de cette histoire universelle et multiséculaire. 


4. DOCUMENTATION ANNEXE


- Références bibliographiques :

 

Collectif, « Le musée du Doudou, histoire d’un patrimoine oral et immatériel », Ville de Mons, 2016 

       

Collectif, « La Ducasse rituelle de Mons », Ed. Racine, 2013 

      

 Baroillier A., Faire vivre le folklore. Dynamique de transformation de la   Ducasse de Mons, 2015

 

- Autres documents : 

 

Valentino M., Wattier J., Le chevalier saint-Georges et le Dragon, illu. J. Diricq, 2015 (ouvrage pour enfants) ;

 

Dossier pédagogique du Musée du Doudou  (envoi sur demande : www.museedudoudou.mons.be)

 

 

- Autres sources : copie d’études, enquêtes, site internet, enregistrement sonores, vidéos, etc. : 

 

-enquête anthropologique sur l’évolution de la manifestation par Aurélien Baroillier, témoignages accessibles à l’IHOES.

 

-enregistrements de la manifestation depuis plusieurs années par le Musée du Doudou (Ville de Mons), par la télévision locale conservées dans les archives de Télémb (Mons) et rtbf.

 

- documentaires : notamment : Le Poil Sacré du Dragon, Florian Vallée.

 

- www.museedudoudou.mons.be