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L’art de la Fauconnerie

N° de référence du dossier : Reconnaissance n° 18
Dossier examiné le 3/10/2008 par la Commission du Patrimoine oral et immatériel
Reconnu depuis le 3/04/2009 par la Ministre de la Culture en tant que Chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel

Inventaire mis à jour le 12 février 2019

 

 1. ASPECTS PRATIQUES

 

a.         Nom de l’élément : L'Art de la Fauconnerie

b.        Localisation géographique : En Wallonie

c.         Communauté concernée (groupes ou individus) : les fauconniers

d.        Société ou groupe responsable : Association des Fauconniers Belges ‘Club Marie de Bourgogne’ Rue de Longueville, 13 à 1315 Sart-Risbart (Incourt)

e.       Personne(s) de contact :  Patrick Morel, Président   patrick.morel@skynet.be

           Rue de Longueville, 13 à 1315 Sart-Risbart (Incourt)


2. HISTORIQUE 

La pratique de la fauconnerie remonte à plus de 4.000 ans, c’est l’une des relations les plus anciennes entre l’homme et l’oiseau. Elle s’est développée d’abord dans les steppes d’Asie, et s’est répandue dans les autres pays par le biais des relations culturelles et commerciales, d’abord en Europe puis en Asie et en Afrique du Nord. Les faucons et leurs proies ont évolué ensemble pendant des milliers d’années. Leur interaction avec l’homme est une histoire qui a parcouru les siècles. 

On trouve des traces de pratique de la fauconnerie dans nos régions dès le IIIème siècle AC. La pratique de la fauconnerie au Moyen-Âge est fort bien documentée dans nos régions. Le cas des anciens Pays-Bas peut servir d’exemple pour cerner l’emprise de la fauconnerie sur la société. Des références concernant l’exercice des chasses comtales et ducales en Hainaut et Brabant existent dès le XIe siècle. 

Une originalité du duché de Brabant s’impose à l’attention : les différentes formes de chasse, dont la fauconnerie, y étaient aux XIVème et XVème siècles d’exercice libre, donc nullement limitées à l’aristocratie. Ce privilège avait été garanti par des textes légaux, en particulier la Joyeuse entrée des ducs Jeanne et Wenceslas à Louvain en 1355.

Pour ce qui est du Brabant, en raison de l’accès large à cet exercice, on vit émerger en cette région une catégorie de professionnels de la chasse au vol. Les piégeurs de faucons, ou tendeurs, capturaient en Flandre autour de Gand et en Campine des faucons pèlerins passagers durant la migration d’automne, qu’ils affaitaient avant de les convoyer vers les cours, voire vers l’étranger. Les installations, dites tendues ou tentes à oiseaux (flamand leggen), étaient nombreuses dans la Campine anversoise autour de Turnhout et d’Arendonk, localités qui s’en étaient fait une spécialité. 

Par ailleurs, la ville de Turnhout abritait un tribunal spécialisé en matière de chasse au vol depuis le XVème siècle, le Valkenhof, devant lequel étaient jugées les affaires de ce ressort dans tout le Brabant, voire au-delà. 

La Campine brabançonne était donc une terre d’élection pour la fauconnerie. Pour Arendonk, on connaît de véritables dynasties de fauconniers aux XVIIème et XVIIIème siècles, et les hommes étaient parfois engagés à distance, jusqu’à la cour de Louis XIII à Paris ou à celle des rois d’Espagne. 

La Campine belge et hollandaise est d’ailleurs restée une zone de capture des faucons pèlerins passagers jusque dans les années 1950. Au XIXème siècle, elle était en quelque sorte un conservatoire des techniques de fauconnerie, à une époque où le fil avait été rompu dans une majorité des pays d’Europe.

Saint Bavon

Saint Bavon est le saint patron des fauconniers. La légende de saint Bavon n’apparaît que tardivement dans la vie des saints qu’au XVème siècle. Bavon est devenu le protecteur des fauconniers, qui célèbrent le 1er octobre une messe de la Saint-Bavon. La fête de Bavon était d’ailleurs une date clé dans le calendrier rural en Flandre et en Brabant, et l’on nommait cette date la « Bamis » (pour Bavo-mis, messe de Saint Bavon). Saint Bavon fait l’objet d’une abondante iconographie où il est représenté avec un faucon au poing. Notamment dans le portique de la Cathédrale de Gand ainsi que sur les armoiries de Wilrijk (près d’Anvers) et sur celles de Haarlem en Hollande et dans l’église de Chaumont (Brabant Wallon).

Bavon est né au début du VIIème siècle (600+) en Hesbaye d’une famille noble et très riche. A la mort de sa femme, également de très haute noblesse, il se retira dans un monastère bénédictin de Ganda fondé par saint Amand au confluent de la Lys et de l’Escaut où il mena une vie d’ermite dans une cellule minuscule et y mourut en 655. Il accomplit des miracles dont la résurrection d’un mort. Tout cela lui valut d’être élevé au rang de la sainteté : Saint Bavon !

Quel est le lien entre l’ermite du monastère de Saint Amand à Gand et la fauconnerie ? Bavon avait été accusé d’avoir dérobé un faucon au seigneur de l’endroit et avait été condamné à mort par pendaison. Le jour de l’exécution, l’infortuné Bavon avait déjà la corde au cou lorsque le faucon, soi-disant volé au seigneur du lieu, vint se poser sur la potence. On défit la corde et Bavon fut acquitté. Il n’en fallait pas plus pour que Bavon soit désigné à la ferveur publique comme le saint patron des fauconniers.

La fauconnerie a été pratiquée de façon ininterrompue dans nos régions depuis le haut Moyen-âge jusqu’à nos jours. Le premier équipage de fauconnerie connu au début du XXème siècle fut l’Équipage « Pique-Hardy à l’essor » aux Vicomtes le Hardÿ de Beaulieu exerçant à Wavre et Bièvre (Ardennes) dès 1912. 

Les fauconniers ont toujours pratiqué individuellement mais, face aux menaces qui pesaient sur l’avenir de la fauconnerie en Belgique dans les années soixante, suite à la nouvelle Loi sur la Protection des Oiseaux (1964), une dizaine d’amateurs se sont regroupés en association sans but lucratif en 1966 avec publication des statuts aux Annexes du Moniteur Belge en 1967. Cette association de fauconniers belges a été appelée ‘Club Marie de Bourgogne’ en hommage à la Duchesse Marie de Bourgogne décédée des suites d’une chute lors d’une chasse au faucon à Wijnendale (près de Bruges) en 1482. Toujours active, l’Association des Fauconniers Belges « Club Marie de Bourgogne » a fêté son cinquantième anniversaire en 2017. 


3. SITUATION ACTUELLE

a. Décrire l’élément actuel dans son ensemble (avec ses différentes composantes).

La fauconnerie est l’art traditionnel et l’activité qui consiste à dresser (affaiter), faire voler et conduire un rapace pour chasser du gibier sauvage dans son milieu naturel. 

La fauconnerie se divise en deux grandes catégories de vol selon le type d’oiseaux utilisés : haut vol ou haute volerie qui utilise les faucons (falconidés) et bas-vol ou basse volerie qui utilise les aigles, autours des palombes et éperviers (accipitridés). Selon le type d’oiseau utilisé, on subdivise encore la Fauconnerie en autourserie (autours), esparverie (éperviers), aiglerie (aigles), butéonnerie (buses) ou fauconnerie (faucons).

Forte de ses savoir-faire traditionnels et ses connaissances sur la biologie et sur le comportement des rapaces et de leur environnement, la fauconnerie favorise l’étude de l’éthologie des rapaces et contribue à de nombreuses recherches vétérinaires et études sur le bien-être animal.

La fauconnerie possède son propre langage, riche environ 850 mots spécifiques. Beaucoup de ces mots sont passés dans le langage courant. A titre d’exemples : la ‘carrière’ est la montée d’un faucon ; cela a donné l’expression ‘faire carrière’ est passée dans le langage courant. Nous pouvons en dire autant des mots : niais (faucon pris au nid), hagard (faucon adulte), chaperon (petite coiffe utilisée pour les faucons), malmener, rebuffade, etc.


b. La reconnaissance entre dans quel(s) domaine(s) du POI ?  A spécifier.

Les traditions et expressions orales, y compris la langue.

Les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers.

Les savoir-faire liés à l’artisanat notamment la fabrication du matériel utilisé en fauconnerie (chaperons, jets, longes, tourets, vervelles etc…) 

 

c. L’élément est-il toujours bien vivace ?  Comment est-il transmis aujourd’hui ? Quelles sont les actions entreprises pour garantir la viabilité de l’élément et sa transmission ?

La fauconnerie est toujours pratiquée par une cinquantaine d’amateurs en Belgique. Elle demande une pratique quotidienne. Fondamentale pour toutes les communautés de fauconniers, la transmission passe par de nombreuses activités liées à la pratique de la fauconnerie, à la connaissance de l'environnement, à la gestion des faucons et rapaces et aux valeurs culturelles. 

La tradition culturelle de la fauconnerie se transmet de génération en génération par du mentorat ou une formation dans l’association des fauconniers. La fauconnerie étant une activité essentiellement pratique, l'éducation non formelle passe surtout par le mentorat où un fauconnier expérimenté ou un fauconnier-maître forme le débutant et lui présente les techniques pendant une ou deux saisons. 

L’affaitage est un processus long qui demande et développe des savoir-faire. Il est particulièrement important d'éduquer les jeunes à l'importance du patrimoine culturel immatériel de la fauconnerie. 

La transmission de la fauconnerie passe par la mémoire historique de la communauté des fauconniers et enrichit leur identité culturelle. La fauconnerie connaît une forte renaissance et suscite beaucoup d’intérêt auprès des jeunes. 

Les connaissances pratiques de fauconnerie ont également été abondamment documentées au fil des siècles. Rédigé au XIIIème siècle par l’empereur Frederick II, le « De Arte Venandi cum Avibus (l'art de chasser avec des oiseaux) » reste un ouvrage de référence.  Cet ouvrage a été traduit du latin par un professeur de l’UCL de Louvain-la-Neuve, membre du ‘Club marie de Bourgogne, Baudouin Van den Abeele.

Plusieurs livres sur la fauconnerie ont été publiés récemment dont un traité de fauconnerie « L’Art de la Fauconnerie » écrit par Patrick Morel permet aux candidats-fauconniers d’apprendre les bases et les ‘techniques’ de la fauconnerie. Un livre sur les « Vervelles à faucons’ a été publié en fin 2017. Un livre sur le bouton de fauconnerie a été publié en 2018.

Patrick Morel a aussi écrit quatre ouvrages en anglais : Sky Hunters, The Art of Falconry, Hawks’ Varvels, Falconry in heraldry.

Un musée de la fauconnerie a été ouvert dans le Château de Lavaux-Sainte-Anne. Chaque année, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Fauconnerie (16 novembre), une porte ouverte permet la rencontre des fauconniers avec le public. Une salle dédiée aux enfants sera prochainement ouverte.

Plusieurs séances de découverte sont organisées dans des écoles. A titre d’exemple, le 24 Novembre 2017, pour la troisième fois ces dernières années, Sébastien Gihoul a organisé une présentation de la fauconnerie à une classe de l’Ecole communale de Melen – voir Youtube ‘Sébastien, notre ami fauconnier’. 


d. Expliquer si l’élément en question est menacé de disparition et indiquer les actions entreprises pour une sauvegarde.

Plusieurs lois concernant la détention et le bien-être animal sont en préparation. Une nouvelle loi concernant le bien-être animal est entrée en vigueur en Région Flamande. Ces nouvelles réglementations peuvent menacer la fauconnerie de disparition en rendant sa pratique impossible si la loi ne permet pas de dérogations pour la détention des rapaces ou si les conditions de détention la rendent prohibitive ou impossible. 

Les fauconniers siègent dans tous les conseils et commissions qui traitent ces sujets et sont consultés par les ministères compétents. 

Un membre du Club Marie de Bourgogne siège également comme membre effectif au Pôle Ruralité de la Région Wallonne qui fait des propositions de lois, décrets et règlements en matière de chasse, d’environnement et de détention d’espèces protégées auprès du conseil des ministres. Cette voix consultative a permis d’obtenir une législation favorable à la pratique de la fauconnerie et la détention des rapaces.

e. Analyser les aspects sociologiques, humains et matériels.  Qui sont les détenteurs, praticiens de l’élément ?  Faire apparaître le caractère emblématique pour la communauté concernée (sentiment d’identité, d’appartenance, de continuité).

La fauconnerie s’accompagne d’un ensemble de traditions et de principes éthiques liés à la culture. Même s’ils proviennent d’origines sociologiques et culturelles différentes, les fauconniers partagent des valeurs, des traditions et des pratiques universelles. La fauconnerie relie l’homme à la nature et renforce les identités locales. C’est un symbole culturel important dans notre pays. 

La pratique moderne vise à sauvegarder non seulement les rapaces, le gibier et les habitats mais aussi la pratique elle-même comme tradition culturelle vivante. La fauconnerie confère aux communautés en général un sentiment identitaire et de fierté. 

La fauconnerie s’intègre dans la communauté comme une pratique sociale récréative et un moyen d’être en contact avec la nature. Servant à l'origine à chasser comme moyen de subsistance, la fauconnerie s'est enrichie de nouvelles valeurs au cours des siècles telles que l’esprit de camaraderie et le partage. Pratiquée de nos jours par des hommes et des femmes de près de cent pays, la fauconnerie se décline en une grande diversité de traditions culturelles. 

Malgré la diversité de leurs origines, les fauconniers partagent des valeurs, des traditions et des pratiques universelles. C’est ainsi que les méthodes d’affaitage et de soin des rapaces, l’équipement utilisé et le lien entre l’homme et l’oiseau sont les mêmes partout dans le monde. Les praticiens se comprennent par de simples gestes ; ce sont ces traditions et ces connaissances partagées qui rendent la fauconnerie universelle et la gardent vivante. 

La fauconnerie est une tradition dynamique, constamment recréée par les communautés suivant l'évolution de leur environnement. Tout en empruntant à leur époque des technologies et des équipements modernes, comme la télémétrie et les GPS, certains groupes continuent à porter leur costume traditionnel. Par exemple, les fauconniers belges affirment leur identité en portant des boutons d’équipage et des tenues particulières. 


f. Si possible, situer l’élément dans une perspective régionale, nationale et/ou internationale (comparaisons, ouvertures, relations). 

Alors que leurs pays sont de plus en plus urbanisés, les fauconniers s'attachent aux terres sur lesquelles ils font voler leurs oiseaux, dont ils tentent de préserver l'état naturel pour protéger la faune et la flore. Ils participent ainsi à des programmes de préservation de l’habitat et de restauration de la biodiversité.

La fauconnerie a également inspiré la créativité artistique avec un riche patrimoine de livres, de manuscrits, de poèmes, de peintures, de tapisseries et de monuments historiques. Le faucon est un symbole culturel important et est largement utilisé sur les pièces de monnaie, boutons, médailles et dans les armoiries. C'est l'emblème officiel de plusieurs pays arabes et européens. 

Des faucons ont toujours servi de cadeaux diplomatiques, à travers l'histoire. 

Les fauconniers se retrouvent souvent dans des événements sociaux locaux, régionaux, nationaux et internationaux tels que des rencontres. L’esprit de camaraderie qui en ressort se résume bien dans la déclaration « « La chasse à vol, on ne la pratique pas simplement pour attraper le gibier, mais pour toutes les autres belles expériences qu’elle nous fait vivre ». À la fin de la journée, les proies capturées sont souvent honorées par un hommage et des sonneries de trompes de chasse. 

En Belgique, comme dans d’autres pays Européens (République tchèque, France, Hongrie et Espagne), il est d'usage de prier les saints patrons de la fauconnerie pour une chasse fructueuse à l'occasion d'une messe. 

En Belgique, le saint patron des fauconniers est Saint Bavon. 

Au niveau international, l’Association des Fauconniers Belges ‘Club Marie de Bourgogne’ est membre de l’Association Internationale de Fauconnerie et de Conservation des Oiseaux de Proie (dont le siège est à Bruxelles) qui représente les fauconniers sur le plan mondial. 

La fauconnerie est un bel exemple de la fraternité internationale qui unit les fauconniers dans le monde, abolissant les barrières de la langue, religion, culture etc.


g. Montrer que l’élément est conforme aux droits de l’Homme, aux respects mutuels et à la législation en vigueur en FWB.

La fauconnerie est compatible avec les instruments internationaux existants relatifs aux droits de l'homme ainsi qu'avec les exigences de respect mutuel entre les communautés, groupes et individus.

La fauconnerie est soumise à réglementations. 

Elle est accessible à tous, indépendamment du genre, de l'éducation, de la religion ou de la nationalité. Régies par la loi, les limitations à la pratique de la fauconnerie tiennent compte des intérêts légitimes du bien-être et de la défense des animaux.

De nombreuses réglementations régissent la détention des oiseaux tant au niveau national qu’international. La pratique actuelle de la fauconnerie en Belgique est conforme à la législation Belge et aux conventions internationales comme la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) de 1973 et à la Convention sur la diversité biologique (CDB) de 1992. 

Les fauconniers s'efforcent de préserver les conditions de vie des oiseaux de proie et de leurs proies et de protéger les oiseaux. 


h. Comment l’élément intègre-t-il son rôle socio-culturel ?

- Dialogue intergénérationnel et multiculturel

La fauconnerie est pratiquée à tous les âges, par les hommes et les femmes. Les fauconniers nouent une forte relation et un lien spirituel avec leurs oiseaux. Ils font preuve de dévouement pour élever, affaiter et faire voler les faucons. 

Les fauconniers viennent de tous horizons, sociétés, cultures, origines linguistiques et religieuses. 

-Développement durable (environnement, santé, économie inclusive, etc.)

La fauconnerie dépend de l'utilisation durable des ressources sauvages, dont les fauconniers prennent soin. Depuis l'origine, la fauconnerie dépend de l'utilisation durable des ressources naturelles, des oiseaux de proie, du gibier et de l'environnement. La fauconnerie a naturellement très peu d'impact sur l'environnement. Les fauconniers ont toujours intégré le concept d'utilisation durable des ressources. Les traditions et règles déontologiques de la fauconnerie suivent ce principe.

- Diversité et créativité humaine

La fauconnerie conditionne la vie des praticiens, en tant qu'individus, au sein des familles et du club. On considère que les praticiens sont en charge de la conservation des oiseaux de proie. 

Les fauconniers protègent le patrimoine de la fauconnerie par leurs pratiques et participent pour beaucoup à la transmission au moyen du mentorat ou d'un enseignement même informel. 

Les différents accessoires utilisés en fauconnerie (chaperon, leurre, sonnettes, tourets, longe, etc.) sont fabriqués par artisans. Des maîtres-graveurs wallons produisent de vraies merveilles : « vervelles » et boutons d’équipage.


i. Qu’est-ce que la reconnaissance en tant que Chef d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles a apporté à l’élément ? 

La reconnaissance en tant que Chef d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel et surtout les inscriptions de la fauconnerie sur la Liste représentative de l’UNESCO (2010, 2012 et 2016) ont permis de renforcer la visibilité du Patrimoine culturel immatériel (PCI) en général dans de nombreuses communautés, la fauconnerie ne se limitant pas, à l'échelle mondiale, à une saison ou un site. 

L'inscription a notamment renforcé la visibilité au niveau des médias, d'Internet et des festivals. Les praticiens et le grand public ont été sensibilisés à la diversité du patrimoine immatériel et au rôle de l'UNESCO dans la promotion du respect mutuel et de la connaissance des différentes expressions culturelles. 

Les fauconniers ont été invités à expliquer le PCI au sein de leur communauté et des revues spécialisées ont expliqué la définition et les responsabilités du PCI à quelques milliers de lecteurs. 

À travers leur club, la communauté des fauconniers veille à ce que la fauconnerie soit considérée dans le contexte plus large de son patrimoine culturel avec un artisanat, des rituels et des célébrations traditionnels. 

Les rencontres internationales de fauconnerie, telles que le 4e festival de la fauconnerie, réservé aux jeunes, qui s’est tenu à Abu Dhabi en décembre 2017, célèbrent de nombreux aspects du patrimoine culturel des communautés de fauconniers. 

La reconnaissance de l'UNESCO a contribué à la sauvegarde et à la durabilité de ces traditions culturelles dans tous les pays pratiquant la fauconnerie. 

Elle a fait ressortir l'utilisation de nombreux espaces et artefacts culturels importants et contribué à faire reconnaître leur importance par le public. Captivant les jeunes, la fauconnerie a sensibilisé cette génération au PCI.

L'inscription multinationale de la fauconnerie a permis de développer la coopération et la collaboration entre les États soumissionnaires sur de nombreux aspects du patrimoine culturel immatériel. 

L'inscription a encouragé cinq États parties supplémentaires à se joindre à la candidature, témoignant du renforcement du dialogue et de la coopération. Présentée à la conférence sur le PCI de l'Asie du sud-est (Corée, 2009), la candidature de la fauconnerie montre comment un élément de PCI peut favoriser la participation et la coopération internationales. 

À l'occasion d'une conférence en décembre 2011 (Université de Bordeaux, France), la fauconnerie a été désignée comme meilleur exemple de candidature multinationale, du fait du renforcement de la coopération entre les nations et de la sensibilisation de nombreuses communautés différentes au PCI. 

L'inscription a donné lieu à une augmentation du nombre de conférences et de festivals internationaux. A titre d’exemple, le festival international de la fauconnerie (décembre 2014, EAU) a réuni 800 fauconniers de 80 pays participants. Un festival dédié aux jeunes a eu lieu en décembre 2017 et a réuni plus de 500 participants. 

L'Association internationale de la fauconnerie (IAF) organise la journée mondiale annuelle de la fauconnerie le 16 novembre, date anniversaire de la première inscription. Les fauconniers de plus de 80 pays organisent des activités pour sensibiliser le grand public au PCI de la fauconnerie et partager le sentiment d'appartenance à la communauté de la fauconnerie partout dans le monde.  

L’association des fauconniers belges participe à cette journée en organisant une rencontre avec le public à l’occasion des journées portes ouvertes au Château de Lavaux-Sainte-Anne. 

La coopération entre fauconniers grâce à des sites Internet, des forums et de rencontres internationales a contribué à renforcer le dialogue. L'inscription a permis de promouvoir les contacts entre fauconniers, grand public et médias. Les fauconniers se sont efforcés de promouvoir ce riche patrimoine culturel en proposant des rencontres avec le public à l'occasion de nombreuses manifestations, expositions, événements patrimoniaux, festivals et foires. Le dialogue s'est ainsi renforcé entre fauconniers et grand public, encourageant un esprit de coopération dans l'intérêt de la société et de la nature. Le développement de l'inscription continuera à promouvoir ce dialogue culturel.

 

4. DOCUMENTATION ANNEXE-Références bibliographiques :

Auteurs belges

Morel Patrick, L’Art de la Fauconnerie, 2013, Chaumont (F), Editions Crépin-Leblond

Morel Patrick, Les Vervelles à Faucon, 2017, Blurb Fr

Morel Patrick et Amirsadeghi Hossein, Sky Hunters, 2008, London, Thames § Hudson

Morel Patrick, The Art of Falconry, 2016, Surbiton, Medina Publishers

Morel Patrick, Hawks’ Varvels, 2018, Blurb UK

Morel Patrick, Hawking in Heraldry, 2018, Blurb UK

Morel Patrick, Le Bouton de Fauconnerie, 2018, Blurb Fr

Van den Abeele Baudouin, La Fauconnerie dans les lettres françaises du XIIème au XIVème siècle, 1990, Louvain, Leuven University Press

Van den Abeele Baudouin, La fauconnerie au Moyen âge, 1994, Paris, Editions Klincksieck

Van den Abeele Baudouin, Frederick II de Hohenstaufen, L'art de chasser avec les oiseaux, 2000, Nogent-le-Roi, Laget Librairie des Arts et Métiers

Vidéos : 

Sébastien notre ami fauconnier:

https://www.youtube.com/watch?v=muwARt_AwQg

Film de Hector Vansina (en NL) :

https://www.youtube.com/watch?v=I5gojE-Qwo4&feature=youtu.be

Film de Patrick Morel : Falconry by Patrick Morel

https://www.youtube.com/watch?v=pdEWK2JSVGc&t=1s