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Les Carnavals de la vallée du Viroin

N° de référence du dossier : Reconnaissance n° 34
Dossier examiné le 27/05/11  par la Commission du Patrimoine oral et immatériel
Reconnu depuis le 1/03/12  par la Ministre de la Culture en tant que Chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel

Inventaire mis à jour le 29 mars 2018

 

1. ASPECTS PRATIQUES

a. Nom de l’élément :

 Les Carnavals de la Vallée du Viroin : Vierves-sur-Viroin, Treignes et Olloy-sur-Viroin

 

b. Localisation géographique :

 Commune de Viroinval (village de Treignes, Vierves-sur-Viroin et Olloy-sur-Viroin), province de Namur

 

c. Communauté concernée (groupes ou individus) (La communauté doit donner son consentement libre pour soumettre la candidature et participer à l’élaboration du dossier.  Il ne peut y avoir de sauvegarde sans l’intérêt, l’enthousiasme et la participation active de la communauté (groupe ou individu) concerné): 

Les habitants de la Commune de Viroinval

 

d. Société ou groupe responsable : 

Carnaval Viervrois asbl

Comité des fêtes de Treignes

 

e. Personne(s) de contact :

Vierves-sur-Viroin: Dubois Cédric, 1 Chemin du Bois à 5670 Vierves-sur-Viroin dudubs@skynet.be

Treignes: Leys Christian, 17 rue du Gay à 5670 Treignes christian.leyscdft@gmail.com

 

2. HISTORIQUE  

Ces trois carnavals existent depuis au moins le 19ème siècle. Il s’agit de carnavals ruraux typiques de ceux qui existaient dans les Ardennes. Ils fêtent le passage de l’hiver au printemps.

Selon la tradition, le carnaval de Vierves-sur-Viroin remonterait au 12ème siècle. Le Seigneur de la légende est identifié selon certains auteurs à Robert II de Vierves (Dupont H. - 1980 ; Hasquin P. - 1980). En réalité, Robert II de Vierves a vécu au début du XIVe siècle (De Villermont Ch. - 1911).

Avant 1930 et parfois même 1945, les travaux des folkloristes n’étaient pas basés sur une recherche in situ, mais sur une correspondance échangée avec le curé, le médecin ou l’instituteur local. Les traditions ignorées ou volontairement occultées par ces notables étaient donc inconnues des chercheurs et, comme il n’y avait, à l’époque, aucun «syndicat d’initiative» ou «office de promotion régionale», elles se transmettaient en cercle fermé, à l’insu des allochtones (Lempereur F. - 2007).

Pour la vallée du Viroin proprement dite, on possède une description de l’évolution du carnaval de Treignes entre 1900 et 1950 et une présentation des «rimes» de Vierves avant 1929, dues à la plume de Jules Vandereuse (1939 : 39-41). Par ailleurs, la fanfare est très liée au Mardi-Gras : vers 1880, on assiste à la création d’une société carnavalesque « les 22 mirlitons » et en 1887, née de ce premier groupement apparaît la fanfare. Alors, commence le tour du village.

Selon Mme Dessart-Lefrant, née à Vierves en 1989, le carnaval de Vierves n’a été interrompu que pendant les deux guerres mondiales (source Écomusée du Viroin).

De mémoire vivante des habitants de Vierves, il est ininterrompu depuis 1945.

 

3. SITUATION ACTUELLE

a. DESCRIPTION

Décrire l’élément actuel dans son ensemble.

À Vierves, les célébrations du carnaval commencent dans la nuit du 2 au 3 février, à minuit, donc le soir de la Chandeleur, pour se terminer le Mardi gras à minuit (théoriquement…). Si la Chandeleur tombe un jeudi, elles commencent à minuit dans la nuit du 3 au 4 février, étant donné qu’il est interdit, par tradition, de sortir masqué à Vierves le vendredi. Le nombre de jours qui séparent ces deux dates varie selon les années et est fonction de la date de Pâques. Le Mardi gras peut donc tomber le 3 février, ce qui n’arrive qu’une fois tous les 100/150 ans, jusqu’au 9 mars ! De mémoire viervoise, l’occurrence du 3 février n’est pas encore arrivée et poserait quelques problèmes. En revanche, un carnaval de 4/5 jours s’est déjà produit, et a conduit à une succession très condensée des festivités. Dans le cas opposé, où le Mardi gras tombe très tard, celles-ci s’étendent sur près de 5 semaines.

Déroulement du carnaval (exemple 2017, ou le carnaval a duré du 4 au 28 février, soit 25 jours)

1. Premières soumonces (4 février)

Le soir de la Chandeleur, dans ce cas-ci, le soir du lendemain, un vendredi, les groupes de costumés se réunissent à minuit à la salle « Les Échos du Viroin » puis sortent en cortège, précédés des Tambours et arpentent les rues du village vers la Gare (arrêt au café-restaurant « Le Petit Mesnil », puis remontée vers la place Albert Ier et le « Café de la Place ». La sécurité est assurée par les membres du Comité.

2. Les veillées

Pendant toute la durée du carnaval, mais actuellement surtout dans la soirée du samedi-gras et la matinée du dimanche gras, les groupes de masqués vont de maison en maison, entrent et s’asseyent. Ceux qui ont ouvert leur porte, offrent un verre à ces visiteurs du soir et tâchent de les reconnaître. Tant qu’ils n’auront pas été reconnus, les mascarades ne relèveront pas leur masque quitte à boire avec une paille et à repartir incognito ! 

En 1980 selon B. Baeken-Couvreur : on se déguisait avec des vieux vêtements descendus du grenier en dernière minute. Selon d’aucuns, les descendre avant porte malheur. Les dimanche et mardi gras, on s’habille à beau - de manière plus recherchée - mais le costume lui-même ne pourra pas être confectionné avant le 3 février. Actuellement, et depuis le début des années 2000, la plupart des costumes sont achetés, mais il faut toujours un costume différent par sortie. Les costumes peuvent servir plusieurs années de suite…

Autrefois, plus rares étaient les femmes qui se déguisaient. Cela leur valait une très mauvaise réputation. Lorsqu’on avait reconnu les gens, on ne les appelait pas par leurs prénoms ou leurs surnoms mais par celui de leur grand-mère ou grand-père (suivant le sexe de la personne concernée). Cela se fait plus rarement aujourd’hui. Ces visites à la veillée étaient parfois animées par des petits jeux taquins inventés par les masqués (Ibid.).

3. Crèpes (11 février)

Dans les années 1990, pour marquer le début du carnaval, un groupe de neuf Viervoises a organisé une soirée « crêpes » dans la salle « Les Échos du Viroin », aux alentours de la Chandeleur, au profit du Comité des Fêtes. Cette tradition perdure encore aujourd’hui. 

4. Deuxièmes soumonces (12 février)

Il s’agit de la deuxième sortie des groupes masqués/costumés, accompagnée par les Tambours, qui fait le tour complet du village, avec de nombreux arrêts.

5. Préparation du bonhomme (18 février)

La préparation du bonhomme Johan Simon prend beaucoup de temps. Voici ce qui l’en était en 1980, suivant B. Baeken-Couvreur : La commémoration de la mort de Johan Simon se fera par l’intermédiaire de la condamnation et de la mise à feu d’un mannequin de paille plus communément désigné par le nom de Mardi-Gras, justifié par la date de la fête.

Durant la semaine qui précède le dimanche gras, Albert, qui a pris la succession de son beau-frère depuis deux ans, découpe et coud des toiles de jute afin de constituer l’enveloppe du bonhomme Mardi-gras. Le découpage se fait selon des mesures déterminées. Les opérations sont supervisées par Félicien, un vieux villageois qui cette année a fait découdre le bonhomme parce qu’il était soixante centimètres trop haut. Ces mesures précises sont : Hauteur : 3 m de corps, 90 cm de jambes, 50 cm de tête. Tour : 3,40 m.

Le samedi après-midi, avec d’autres hommes du village qui appartiennent toujours aux mêmes familles, il bourre le bonhomme. Il faut à peu près douze « ballots » constitués par du foin, de la paille, de l’orge, de l’avoine et du trèfle. 

Actuellement, la couture des sacs de jute commence au mois de janvier, et quelques travaux préparatoires de l’armature du bonhomme, de la coupe des franges de son costume et des cordages se font dans les jours qui précèdent le Samedi gras. Ces opérations sont assurées par les membres du Comité.

6. Bal masqué (18-19 février)

Pour l’année 1980, B. Baeken-Couvreur nous dit : Le dimanche soir a lieu un bal à la salle de musique. Autrefois, tout le monde s’y rendait masqué, mais actuellement beaucoup de jeunes des villages voisins viennent pour danser et s’amuser, et transforment la soirée en un bal totalement « banal », si bien que les gens du village, masqués pour la plupart, se retrouvent dans les cafés pour rire et parler à leur aise. Depuis plus d’une dizaine d’années, le bal, à nouveau masqué, ou en tout cas costumé, est organisé par la Jeunesse de Vierves, un des samedis du mois de février. Il reste essentiellement Viervois.

7. Troisièmes soumonces (19 février)

Il s’agit de la deuxième sortie des groupes masqués/costumés, cette fois-ci accompagnée par les Tambours et la Fanfare, qui font à nouveau le tour complet du village, avec de nombreux arrêts

8. Préparation du petit bonhomme (22 février)

Depuis 1975, le Comité des fêtes a mis sur pied le Carnaval des enfants, pour lequel il faut préparer un bonhomme plus petit, le « petit Mardi-gras ».

9. Carnaval des enfants (23 février)

Le jeudi qui précède le Dimanche gras, les enfants, accompagnés des Tambours, de la Fanfare et de certains adultes costumés, promènent dans les rues du village leur petit bonhomme depaille qu’ils vont brûler dans le bas du village près de l’ancienne gare.

À divers endroits du village, un des « bourreaux » déclame : 

Mesdames, Messieurs, 

Nous avons capturé le fameux petit Mardi Gras. Comme son grand frère, il est de mauvaise conduite : Il a volé un biscuit dans le tiroir de Mme Jessika, un livre du centre Marie Victorin. Pour sa punition, on va le brûler sur la place de la gare à 17 heures. Bienvenue à tous et en avant la musique !

Cette pratique a lieu depuis 1975 mais a pour but avoué de faire participer les enfants au folklore de leur village, dès leur plus jeune âge et ainsi d’assurer la relève en donnant goût à la coutume. La sécurité est assurée par le Comité.

10. Ramassage des ballots (24 février)

La veille du Samedi gras, les jeunes gens se rendent dans les différentes fermes du village pour ramasser la quinzaine de ballots de paille et/ou de foin nécessaires au bourrage du bonhomme. C’est aussi l’occasion de la dégustation d’une « omelette au lard » chez un des couples d’anciens du village et de quelques verres dans les fermes.

11. Samedi gras (25 février) : construction du grand bonhomme, Johan Simon

Le matin et dans le début de l’après-midi du Samedi gras, les membres du Comité se chargent de la fabrication du Grand Bonhomme, selon les mêmes dimensions depuis des décennies : Hauteur : 3 m de corps, 90 cm de jambes, 50 cm de tête. Tour : 3,40 m. Le corps, les jambes et les bras sont fait de toiles de jute cousues qu’il faut bourrer, de manière assez compacte, à l’aide de la paille et du foin récoltés la veille par les jeunes.

Après avoir été solidement fixé sur une remorque, le mannequin est habillé à l’aide de bandes de papier peint et de papier crépon effrangés. Enfin, il est surmonté d’une tête soigneusement réalisée en papier mâché. Au moment du bûcher, celle-ci, qui demande beaucoup de travail, est souvent remplacée par un sac bourré de paille.

12. Samedi gras (25 février), fin d’après-midi et soirée : sortie des masqués

Les groupes de masqués, qui sont souvent - mais pas toujours - les mêmes que les groupes des cortèges, vont de maison en maison, entrent et s’asseyent. Ceux qui ont ouvert leur porte, offrent un verre et des zakouskis à ces visiteurs du soir et tâchent de les reconnaître. Tant qu’ils n’auront pas été reconnus, les mascarades ne relèveront pas leur masque quitte à boire avec une paille et à repartir incognito !

13. Dimanche gras (26 février), matinée : sortie de la musique et des groupes masqués

Dès le matin, les Tambours font le tour des maisons, où on leur offre un verre. Ils sont suivis des groupes de costumés qui sont en train de se réunir. 

14. Dimanche gras (26 février), après-midi : Sortie du Bonhomme

Le dimanche après-midi, c’est la première sortie du bonhomme. Les Tambours et la Fanfare rassemblée sur la place vient chercher Mardi-gras dans la grange où on l’a bourré de paille. Alors, commence le tour du village.

Cela commémore aussi le parcours suivi par les condamnés pour aller au bûcher. La distance qui séparait le donjon et le lieu d’exécution étant trop courte, on faisait faire le tour du village aux prisonniers pour que cela serve d’exemples aux villageois (Baeken-Couvreur 1980).

On trouve trace de ce parcours dès 1644 : Sur tout le parcours au bûcher, il (de Racroix) ne cessa de donner des signes d’un profond repentir, demandant aux assistants messes et prières (…). En passant devant la chapelle Saint-Joseph, il s’agenouilla. (Hasquin 1980).

Le cortège est composé du Bonhomme, placé sur sa remorque et tiré par un tracteur, des Tambours, de la Fanfare, de mascarades et du juge, habillé en avocat (avant les années 70’, il s’agissait d’un bourreau). Devant les cafés et certaines maisons particulières, la fanfare s’arrête et joue l’aubade. Puis tous les musiciens reçoivent à boire. Dans chaque quartier, le juge s’arrête et annonce les méfaits de Mardi-gras et son jugement le mardi :

Mesdames, Messieurs, 

Comme les années précédentes, nous venons vous annoncer la fête du mardi-gras. Vous savez que le Mardi-gras est un homme de mauvaise conduite, il laisse mourir sa femme et ses enfants de faim. N’ayant pas le courage de travailler, il s’est mis à voler. Voici quelques-uns de ses méfaits : quatre kilos de pâté chez le boucher, trois pains chez le boulanger, et une vingtaine de poules chez le fermier. Mardi, il sera jugé. 

Règlement : toutes les jeunes filles ne se laissant pas « reloqueter », seront à l’amende de 2 euros. Tous les hommes rencontrés dans les rues de 8 à 13 heures, tels que boulangers, bouchers, facteurs, gendarmes, fermiers, commerçants et chômeurs seront à l’amende de 2 euros.

Pour fêter cette victoire, ce soir, omelette à 21 heures précises à la salle de musique.

Bienvenue à tous !

En avant la musique.

Des membres du Comité vendent des cocardes qui assurent l’entrée gratuite à l’omelette le mardi soir. Cette pratique à but lucratif n’existait pas autrefois, car le Mardi-gras se passait en comité fermé, seulement entre les habitants du village et aux dires des personnes plus âgées, les voisins restaient chez eux. Les spectateurs étrangers étant de plus en plus nombreux à participer à l’omelette du mardi soir, le bénéfice permet d’acheter les œufs, le lard pour compléter la récolte à la quête du mardi matin (Baeken-Couvreur 1980).

Juste après la deuxième guerre mondiale, on a introduit un thème pour le cortège du dimanche : un mariage, un baptême, des noces d’or… Mais il semble que cela se perd depuis quelques années (Baeken-Couvreur 1980).

15. Lundi gras (27 février) : rimes

Le lundi, à partir de 16 ou 17 heures, c’est la sortie des rimeûs. Qui sont-ils ? Ce sont les jeunes hommes du village qui sont - en principe - célibataires. Ils se rendent chez les jeunes filles qui ont atteint l’âge de 14 ans. En 1980, la plus âgée d’entre elles avait 28 ans. C’était la dernière fois qu’ils la rimaient cette année-là (Baeken-Couvreur 1980). Ils vont leur réciter des petits poèmes en wallon appelés rimes qu’ils ont composés quelques jours ou quelques semaines auparavant.

Préparation des rimes

Ils se réunissent et se racontent ce qu’ils savent de la vie privée des jeunes filles. On ne peut pas dire qu’il existe – comme cela a pu exister au début du siècle en de nombreux endroits – de véritables Officiers de la Jeunesse, chargés de surveiller pendant l’année la conduite des jeunes filles et d’en rendre compte, le moment venu. Chacun dit ce qu’il sait. La matière réunie, on met le tout en vers, en assonances avec l’aide d’un monsieur qui s’en occupe depuis longtemps et qui s’arrange pour choquer le moins de monde possible. En 1980, les dames plus âgées disaient que les rimes étaient bien moins méchantes que de leur temps. Donc, dans ces quelques vers, on raconte les amourettes des jeunes filles, on donne une appréciation  sur leur choix. Très souvent, lorsque le jeune homme n’est pas du village, c’est un laid machin, un peu comme si la Jeunesse se vengeait vis-à-vis de l’intrus. On constate aussi les changements de caractères survenus après la rencontre. Exemples : elle est encore plus fière, elle ne dit plus bonjour. 

Le lundi gras, les rimeûs, en costume-cravate et portant chapeau et souliers de cuir, se rendent chez les jeunes filles pour leur réciter la rime qui les concerne. Ils transportent une planche sur laquelle sont fixés des couples de figurines, l’une représentant une fille, l’autre un garçon. 

Pendant qu’un rimeû entame le rime, un autre frappe avec un bout de bois la poupée qui est sensée représenter la jeune fille concernée par la rime. Les autres donnent leur accord en criant Oyi Oyi, parfois relèvent les jupes de la poupée et crient que ce n’est pas elle car elle est plus grosse. Alors, après avoir trouvé le modèle le plus proche de la réalité, le lecteur commence la rime. Tout ceci se passe devant les parents - et des amis, invités pour l’occasion - qui doivent bien prendre le parti de rire, parents à l’endroit desquels il y a parfois une petite attaque.

Tout le discours se passe en voix de fausset, comme si les rimeûs portaient des masques et qu’ils ne voulaient pas être reconnus. Si la jeune fille n’a pas d’amoureux, le comité des rimeûs propose son aide, et donne parfois son avis sur le genre de garçon à choisir.

Autrefois, les bonhommes étaient en argile, mais depuis quelques temps, colorés. Bien sûr dans chaque maison, les rimeûs sont invités à boire la petite goutte et leur tour se termine très tard.

Lorsque les parents refusent de laisser entrer les rimeûs, ces derniers s’en vont en se moquant de la jeune file et en disant : C’est qu’elle n’est plus djône fèye !!! Lorsque les rimeûs ne se rendent pas chez une jeune fille, c’est une sorte de blâme public. C’est qu’elle est connue pour inconduite grave. C’est le jugement « populaire » !!! Ces prises de position sont moins marquées actuellement.

Pourquoi cette pratique ? D’après la tradition, les seigneurs de Vierves étaient très cruels et se croyaient tout permis. De par la loi, tout leur revenait ; ils possédaient même le droit de cuissage. La ruse paysanne avait plus d’un tour dans son sac et pensait que la meilleure façon pour décourager le seigneur était que les jeunes filles aient mauvaise réputation…

16. Mardi Gras (28 février) : Les pots

Comme cela a été annoncé dans l’avis à la population du dimanche, toutes les personnes rencontrées dans la rue de 8 à 13 heures, seront soumises à une amende de 2 €. 

Cette amende est appelée pot et correspond à un droit de passage qui n’est pas sans rappeler le tonlieu du moyen-âge et l’octroi (Vaute 1980). Ici encore, l’ordre est renversé, ce n’est plus au profit du seigneur mais au profit des habitants du village, du Comité du Mardi-Gras. Les hommes (ici on trouve surtout des hommes mariés, car les jeunes hommes non mariés sont pris par d’autres occupations) arrêtent les passants, les voitures, les camions, les bus. Ils remettent à chaque personne mise à l’amende une cocarde qui donnera l’entrée gratuite à l’omelette. L’argent sera utilisé pour l’omelette du soir.

17. Mardi Gras (28 février) : les Djan-Djenne

Le lundi après-midi, Djan et Djenne (= Jean et Jeanne) circulent dans le village, Djan porte une hotte et Djène un tchéna, grand panier à beurre. Ils vont de porte en porte et à chaque habitation, psalmodient une complainte dans laquelle qui explique leur situation, leur fatigue et par laquelle ils demandent des œufs, du lard et de l’argent.

A Béliyon (Bethléem)

Enfant Joseph (enfant de Joseph = Jésus ou enfant Jésus)

Encouronné,

Embaptisé ;

J’ai un cul de verre,

Je n’sais plus m’asswêre (= asseoir) ;

J’ai les jambes de fiêr,

Je n’sais plus marcher.

Pour l’amour dè Dieù

Donnèz-nous dès-ieùs (= œufs)

Pou n’aller pus râde ;

Donnès-nous du lard.

Si vos n’avès rén du tout,

Donnès-nous des sous !

Ainsi soit-il !

 

Selon la tradition viervoise relatée par B. Baeken-Couvreur en 1980 : ce sont deux personnages (un homme et une femme) qui seraient revenus d’Ardennes où régnait la famine et qui étaient réduits à la mendicité. Une version locale raconte qu’ils étaient originaires de Vierves mais qu’ils s’en sont allés lorsque le village connut des difficultés. Plus tard, quand le village se fut relevé de ses cendres, ils revinrent mais furent condamnés à mendier.

Il y a deux couples qui vont de maison en maison dans tout le village et cette année, pour la première fois, il y avait deux petits garçons qui faisaient la quête avec eux. Depuis quelques années, ce sont quatre hommes qui jouent ce rôle. Il y a déjà eu des femmes dans le rôle de Djenne, mais c’est très dur surtout parce que, presqu’à chaque arrêt, il faut boire la petite goutte. Depuis quelque temps, ils se promènent avec une bouteille où ils versent tout ce qu’ils ne boivent pas en route… Ça donne un mélange très étonnant surnommé l’alcool féroce !!! Le produit de la quête était donc déposé dans les hottes et le tchèna et servait à préparer l’omelette du soir. Les œufs et le lard recueillis au cours de la tournée servaient à confectionner l’omelette commune. Au départ, l’omelette se faisait chez un particulier avec une petite vingtaine de masqués tant la pression du clergé était forte, même si tout le monde venait voir le bonhomme brûler... Puis l’omelette s’est faite dans un café et n’importe qui pouvait venir se régaler. Depuis la venue de la télévision, vu l’affluence ]très relative[ des spectateurs, l’omelette se déguste à la salle de musique.

En 2017 et 2018, cette tradition est toujours inchangée et intacte.

18. Mardi Gras (28 février) : reloquetage

Voici ce que nous dit B. Baeken-Couvreur en 1980 : Les « r’loqueteus » sont les jeunes hommes non mariés du village, donc les rimeûs du lundi. Armés d’un bâton et d’une loque, ils vont essayer d’attraper toutes les jeunes filles, de leur badigeonner la figure, les pieds et les mollets de produits divers, notamment de purin. Pendant quelques années, le purin a été délaissé au profit des produits de maquillage. Mais cette année, ils ont à nouveau employé le purin tout en n’abandonnant pas les produits de maquillage. Les filles s’amusent à se cacher pour rendre la chasse plus difficile. Autrefois, elles se scindaient en deux groupes et couraient dans les bois sur les deux versants opposés de la vallée, elles criaient chacune à leur tour afin de brouiller les pistes. Aujourd’hui, on assiste à une concentration au niveau du village.

Les garçons ont jusqu’à treize heures pour attraper leurs victimes. Toute fille qui n’aura pas été r(e)loquetée sera mise à l’amende de 2 €. Telle est la règle du jeu. Et il ne faut pas croire qu’il suffit de payer 2 € pour être exempte de r(e)loquetage et pouvoir sortir en paix … du moins pas avant 13 heures.

Ici aussi, peu de choses ont changé de 1980, sinon que les filles portent des tabliers d’étudiants, et qu’on les assoit dans une brouette de purin, mâtinée de sauret…

La signification est la même que pour les rimes : salir les filles, cette fois-ci physiquement, pour qu’elles échappent au Seigneur et au droit de cuissage !

19. Mardi Gras (28 février) : cortège du mardi gras et bûcher

À 17 heures (plus tard que le dimanche car il faut attendre les gens qui travaillent et qui n’ont pas tous pu prendre congé, la fanfare vient chercher Johan Simon, enfermé au Château pour son ultime voyage. Une dernière fois, on le conduit dans toutes les rues du village. L’itinéraire diffère un peu de celui du dimanche car, le mardi, on l’amène sur la place où il va être brûlé. « Mascarades » et musiciens suivent le bonhomme. Le juge lit à plusieurs reprises un avis qui fait suite à celui du dimanche.

Mesdames, Messieurs,

Comme nous vous l’avons annoncé dimanche dernier, le fameux Mardi-Gras avait été attrapé et emprisonné. Vu que c’est un homme fort comme un Hercule, il a brisé les verrous de sa cellule et nous avons, malgré sa force, pu le maîtriser dans les campagnes de Bieure. Nous lui avons fait subir une terrible correction et pour sa punition, il sera brûlé vif ce soir à 7h30 sur la place publique.

Aussitôt brûlé, on mange l’omelette à la salle.

Bienvenue à tous,

En avant la musique.

À 19 heures 30, le bonhomme est arrivé sur la place où il va subir le châtiment annoncé.

On dresse l’échelle contre le corps de Johan Simon, car il sera son propre bûcher. Celui qui l’a découpé et cousu monte à hauteur de la nuque et lui donne un coup à cet endroit puis y met le feu. Ce geste est sans publicité mais simulerait un acte meurtrier et libérateur à la fois qu’aurait posé un des proches de Johan Simon pour abréger ses souffrances. Historiquement, il est reconnu que l’étranglement, l’étouffement étaient une grâce généralement accordée par le seigneur au prisonnier avant que son corps soit livré aux flammes (Baeken-Couvreur 1980).

L’échelle retirée, membres du Comité (jusque dans les années 80, il s’agissait de jeunes gens célibataires) tirent le condamné en feu et dessinent de grands cercles. Durant tout ce temps, les tambours roulent, les gens font la ronde et pleurent. Au milieu du cercle dessiné par le bonhomme en feu, on trouve les D’jan D’jene agenouillés qui pleurent leur ami qui s’en va.

C’est un moment assez impressionnant d’émotion et de tension. 

Les gens du village ressentent cette mort comme un moment de profonde tristesse et acceptent très mal que des gens étrangers au village et à ses coutumes viennent briser le rythme lourd et triste de ce moment par des farandoles sauvages. Cette forte émotion passée, la fanfare entonne des airs gais et on se dirige vers la salle pour déguster l’omelette faite avec les produits de la quête. 

20. Omelette

Avant 1970, l’omelette se faisait chez un particulier avec une petite vingtaine de masqués tant la pression du clergé était forte, même si tout le monde venait voir le bonhomme brûler. 

Puis l’omelette s’est faite dans un café, puis depuis la venue de la télévision, vu l’affluence des spectateurs, à la salle de musique, pendant l’après-midi, avec le produit de la quête. 

Après le bûcher, tout le monde se retrouve à la dégustation de l’omelette, en musique.

Treignes : Les préparatifs carnavalesques commencent par l’annonce du nom de l’officier de jeunesse (personne qui est le premier à avoir 18 ans dans l’année) qui portera le bâton lors de cette fête. En début janvier et ce pour quelques weekends, les jeunes du village vont façonner des fagots (entre 300 et 400). Ces derniers vont couvrir l’extérieur du grand feu (30 à 40 mètres de diamètre / 12 à 15 mètres de haut lors des concours des plus grands feux de l’entre Sambre et Meuse). La tradition veut que chaque maison du village dépose un fagot pour le grand feu afin de chasser l’hiver.

Le jour du mardi-gras a lieu le ramassage des œufs et du lard le matin pour l’omelette du soir, cuisinée par les grands-mères. Dans l’après-midi, un cortège composé de la petite jeunesse, de leurs parents et accompagnants se promènent dans les rues de la cité. Depuis quelques années «  petit Mardi gras » fait le tour avec son jeune bourreau aussi, il est jugé et brûlé sur le petit grand feu dans la cour de la ferme château. 

Le samedi suivant le mardi gras a lieu le montage du grand feu. Le soir, un bal masqué avec un concours du plus beau masque est organisé. Les personnes ne doivent pas être reconnues jusque minuit. 

Dimanche matin, la fanfare commence à réveiller les noceurs. Ensuite, l’apéritif est offert devant le bûcher qui est terminé. En début d’après-midi, une joyeuse troupe composée des déguisés de la veille, chaperonnée de l’autorité et de ses poursuivants, Sieur Mardigras est présenté à la population à travers les rues du village. La nuit tombante, sur le parvis de l’église, le bourreau, le blâmé et sa famille écoutent le juge qui dicte la lecture de l’acte d’accusation des méfaits commis dans l’année et de la sentence « condamnation par noyade et crémation » devant l’agglomération réunie. Ensuite a lieu la noyade au lieu-dit « cortil Crayas » (pont du Viroin) les accompagnants, devant la famille éplorée, attendent le dépouillement des biens de « Sieur Mardigras ». Les biens imaginaires seront départagés aux jeunes filles du village encore célibataires. La nuit tombée, Sieur Mardigras est hissé au-dessus du bûcher. Après la mise à feu du massif, l’assemblée danse autour de ce bel âtre pour couronner le carnaval. Traditionnellement, les jeunes hommes approchaient les filles le plus près du feu afin de les « réchauffer ». Aujourd’hui, cela est interdit pour la sécurité.

b. DOMAINE(S) DU POI 

La reconnaissance entre dans quel(s) domaine(s) du POI ?  A spécifier.

Les pratiques sociales, rituels et événements festifs

c. TRANSMISSION

L’élément est-il bien vivant ?

Comment est-il transmis aujourd’hui ? 

Quelles sont les actions entreprises pour garantir la viabilité de l’élément et sa transmission ?

Le carnaval de Vierves est bien vivant. C’est le point d’orgue de toute la vie viervoise, dans lequel toutes les familles de souche, c’est à dire plus de 80% du village, sont impliquées.

Malgré une affluence extérieure somme toute très relative, et qui se limite au Bal masqué, au Dimanche gras et à l’après-midi du Mardi-Gras, le Mardi-Gras a gardé jusqu’à présent son caractère d’authenticité, mais nombreux sont les villageois à regretter la publicité faite. S’ils ne refusent pas à priorité les « étrangers », ils s’opposent à ce qu’on vienne défigurer leurs coutumes. 

Les traditions du carnaval de Vierves se transmettent dans les familles, et sont sous la surveillance du Comité, institué depuis le 1er septembre 2015 en asbl. La mise en place, dès 1975, du carnaval des enfants et l’implication de la Jeunesse de Vierves dans une partie de l’organisation sont les garants de sa bonne transmission.

La viabilité de l’élément n’est pas mise en question. Seul un durcissement de certaines réglementations pourrait éventuellement en modifier certains éléments. Comme déjà dit, la mise en place, dès 1975, du carnaval des enfants et l’implication de la Jeunesse de Vierves dans une partie de l’organisation sont les garants de sa bonne transmission. Une page facebook « Johan Simon » permet le contact avec toutes les personnes concernées.

d. SAUVEGARDE

Expliquer si l’élément en question est menacé de disparition.

Lister les menaces et dangers éventuels.

Indiquer les actions entreprises pour sa sauvegarde.

L’élément doit-il bénéficier de mesures de sauvegarde urgente ? Expliquer pourquoi.

A Vierves, l’élément n’est pas menacé de disparition, mais une surrèglementation pourrait en altérer l’authenticité.

Les menaces et les dangers sont les suivants :

- une réglementation trop stricte des pompiers en matière de prévention incendie, alors que, de mémoire d’homme, aucun incident n’est jamais survenu lors des deux bûchers ;

- une intervention de certains groupements idéologiques contre la pratique des rimes et du reloquetage, qui ne sont en rien des pratiques sexistes ou dégradantes, mais qui au contraire, sont destinées à protéger, avec l’aide des jeunes hommes, les jeunes filles des abus de pouvoir de l’Autorité ;

- une réglementation trop stricte en matière de sécurité alimentaire concernant l’omelette : les ingrédients sont récoltés le jour même, les dates vérifiées et la cuisson effectuée dans l’après-midi, en hiver, dans de bonnes conditions de température et de conservation. La cuisson est effectuée par des bénévoles, en bons pères et mères de famille. Il serait très dommageable que des organismes comme l’AFSCA viennent mettre un frein à cette tradition.

- en règle générale, des réglementations européennes trop orientées vers de l’Ultra-libéralisme, l’uniformisation à outrance, liberticide et ne tenant pas compte des particularités régionales, c’est-à-dire tout ce que le Patrimoine oral et immatériel est censé sauvegarder.

Pour sa sauvegarde, plusieurs actions peuvent être entreprises comme l’enregistrement le plus complet possible de tous les éléments de ce patrimoine, et le rassemblement de tous les éléments dans une banque de données centralisée à l’Écomusée du Viroin.

A Treignes, la principale menace de disparition est le manque de motivation et de financement des jeunes. Actuellement, le Carnaval est organisé par les « anciens » mais les jeunes participent à l’organisation afin de les motiver à prendre la relève plus tard. 

 

e. ASPECTS SOCIOLOGIQUES ET HUMAINS

Qui sont les détenteurs, praticiens de l’élément ?  

Faire apparaître le caractère emblématique pour la communauté concernée (sentiment d’identité, d’appartenance, de continuité).

Dans les trois carnavals, les détenteurs de l’élément sont l’ensemble de la communauté villageoise et plus particulièrement les comités organisateurs. 

Le carnaval de Vierves, reconnu comme un des plus beaux villages de Belgique, se singularise parmi les autres carnavals du Viroin, et même wallons, dans la mesure où le bûcher final ne correspond pas à la mise à mort de l’hiver (il ne s’agit pas ici du Bonhomme Hiver), mais bien à la commémoration d’un homme de bien, Johan Simon, exécuté par la tyrannie d’un seigneur local. Cela donne à tous les Viervois un sentiment profond d’identité, de singularité, d’appartenance à leur village dans une tradition vieille de bien plus d’un siècle et, à certains égards, immuable, tout en s’adaptant à l’évolution du temps et des mœurs.

 

f. ETENDUE GEOGRAPHIQUE

Situer l’élément dans le(s) lieu(x) où il se concentre, et si possible dans une perspective régionale, nationale et/ou internationale (comparaison, ouverture vers l’extérieur, relation géographique ou pratique similaire). 

Ces trois carnavals se singularisent des autres carnavals de la région par leurs traditions et leur longévité. Ils représentent le Carnaval de la ruralité, qui a disparu ailleurs en Ardennes. Ce sont des carnavals à usage interne qui expriment l’identité locale et de désirent pas nécessairement attirer les touristes.

Ce passage de saison est fêté dans toute la vallée, parfois avec des noms de personnages biens différents mais toujours dans le même but. 

 

g. LEGALITE

Démontrer que l’élément est conforme aux Droits de l’Homme, aux respects mutuels et à la législation en vigueur en FWB.

Ces carnavals sont parfaitement conformes aux Droits de l’Homme, aux respects mutuels et à la législation en vigueur en FWB.

 

h. FONCTIONS SOCIO-CULTURELLES

Expliquer le rôle socio-culturel de l’élément sous quatre aspects :

- Dialogue intergénérationnel : Ces carnavals réunissent toutes les générations des plus jeunes au plus anciens sans aucune discrimination. Les personnes plus âgées apprennent aux plus jeunes.

- Dialogue multiculturel : La diversité culturelle est totalement présente dans les carnavals, tant au niveau de ses participants, avec de nombreux allochtones, que des costumes régulièrement choisis.

- Développement durable (environnement, santé, économie inclusive, etc.) : Le Comité est particulièrement sensible aux problèmes environnementaux créés par ce type d’événement. Une attention toute particulière est portée au nettoyage du village pendant et après le carnaval, ainsi qu’au recyclage de ses déchets. Une grande partie des produits utilisés ou consommés sont d’origine locale.

- Diversité et créativité humaine : La création des mannequins et d’une partie des costumes est réalisée sur place, de même qu’une partie des boissons, à partir de produits locaux. Même une partie conséquente des partitions jouées par la fanfare ont été écrites par un musicien du cru.

 

i. RECONNAISSANCE

Qu’est-ce que la reconnaissance en tant que Chef d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles a apporté à l’élément ? 

Cette reconnaissance a permis de faire connaître et de valoriser un patrimoine qui était avant tout régional.

 

4. DOCUMENTATION ANNEXE

- Références bibliographiques :

BAEKEN-COUVREUR B., « Le Mardi-Gras à Vierves-sur-Viroin », Louvain-la-Neuve, UCL, 1980.

DE PUYDT, « Contribution au folklore de Couvin », Bulletin de la société d’anthropologie de Bruxelles, t. XI, 1893.

De VILLERMONT Ch., « Les procès de sorcellerie dans la baronnie de Vierves au 17e siècle ». Annales de la société archéologique de Namur, t. XXIX, 1910.

De VILLERMONT Ch., « La Baronnie de Vierves ». Annales de la société archéologique de Namur, t. XXX, 1911.

DE WARSAGE R., « Folklore des carnavals », Bulletin de la société royale le Vieux-Liège, T. I, 1932-1935.

DOPPAGNE A., « Les grands Feux », Namur-Gembloux, 1972.

DUPONT H., « Mardi-Gras d’où viens-tu ? » Le Rappel, Charleroi, février 1980.

HARCQ M., « Fêtes et Théâtre d’amateurs », Les Cahiers JEB, n° 6, 1978.

HASQUIN P., « Connaissez-vous votre localité : Vierves ? » La Nouvelle Gazette, 31 mars 1980, Charleroi.

LEFEVRE J., « Traditions de Wallonie ». Verviers, 1977.

LEGROS  E., « Atlas linguistique de la Wallonie », t. 3. Liège, 1955.

LEMPEREUR F., « Le carnaval traditionnel dans la vallée du Viroin », Traditions Wallonnes, 2007.

MEURANT R., « Les Géants de Wallonie », Namur-Gembloux, 1975.

PLOAIN E., « Les bouquets et les fêtes paroissiales », Bulletin de la société royale le Vieux-Liège, t. II, 1939.

VANDEREUSE J. « Quelques aspects du folklore de folkorique », Marbaix-la-Tour. Bulletin de la société royale le Vieux-Liège, t. III, 1940.

VANDEREUSE J. et PINON R., « La chanson de « Saint Pansard » ». Enquêtes du Musée de la vie Wallonne, IX : 257-312, 1962.

VAN GENNEP A., « Manuel de folklore français contemporain », t. I, vol III, 1947.

VANHERLE L., « Les carnavals en Wallonie et dans les cantons de l’est », Travail de fin d’études, CERIA-IPIAT, Anderlecht, 1975.

VAUTE P., « Une balade sur les bords de la Semois en 1850 », Le Ligueur, mai 1980.

ROUSSEAU F., « Légendes de l'Entre-Sambre-et-Meuse », Parc Nationaux, Bulletin trimestriel de l'association Ardenne et Gaume : 15-18, 1963.

ROUSSEAU F., « Légendes et Coutumes du Pays de Namur ». Bruxelles, 1971.

- Autres sources : copie d’études, enquêtes, site internet, enregistrement sonores, vidéos, etc. : 

Sources sonores :

GILLAIN et HARCQ, « Mardi-Gras à Vierves-sur-Viroin », enregistrement de l’émission « Marie-clappe-sabots » du 07-03-1976 à 13h20.

Sources audio-visuelles : 

HARCQ N. : « Les bourreaux du Mardi-Gras », observations faites dans un village du sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse durant les fêtes du Mardi-Gras 1977, service animation : Maison de la Culture de Namur ; s. l. n. d. 

KERESZTESSY A., « Au feu Mardi-Gras », consacré au carnaval de Vierves. RTBF, 53 minutes, 1986.

LEMPEREUR F., « Carnaval de Vierves », RTBF, 13 minutes 36, 1985.

Vidéos numériques prises au Carnaval de Vierves 2018 par P. Cattelain, Conservateur, Écomusée du Viroin (Université Libre de Bruxelles), Ferme-Château, Treignes ;

Vidéos d’information réalisées depuis de nombreuses années par la Chaîne namuroise Canal C

Sources visuelles : 

Documentation photographique conservée chez M. Dardenne, rue de la Jussière à Vierves ; 

Diapositives prises au Mardi-Gras de Vierves 1980 par B. Baeken-Couvreur, Photothèque de l’Écomusée du Viroin (Université Libre de Bruxelles), Ferme-Château, Treignes ;

Photos numériques prises aux carnavals de Vierves enre 2017 et 2018 conservées chez Isabelle Donnay et Marc Dandoy, rue du Centre, à Vierves ;

Photos numériques prises au Carnaval de Vierves 2017 par P. Cattelain, Conservateur, Écomusée du Viroin (Université Libre de Bruxelles), Ferme-Château, Treignes ;

Photos numériques prises au Carnaval de Vierves 2018 par P. Cattelain, Conservateur, Écomusée du Viroin (Université Libre de Bruxelles), Ferme-Château, Treignes ;

 

www.comitedesfetesdetreignes.com