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La pratique du Code Morse

 

N° de référence du dossier : Reconnaissance n°49

Dossier examiné le 26/01/2021 par la Commission des Patrimoines culturels – session Patrimoine culturel immatériel

Reconnu depuis le 25/05/2021 par la Ministre de la Culture en tant que Chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel

 1. ASPECTS PRATIQUES

a. Nom de l’élément : La « Pratique du code Morse - Télégraphie »

b. Localisation géographique : Fédération Wallonie-Bruxelles

c. Communauté concernée (groupes ou individus) :

La communauté des radioamateurs belges est représentée par l’Union Royale Belge des Amateurs émetteurs asbl, lors de l’assemblée générale extraordinaire du 26 janvier 2019.  Elle compte quelques 3000 membres.

d. Société(s) ou groupe(s) responsable(s) :

Union Royale Belge des Amateurs émetteurs asbl

e. Personne de contact :

Paul DELMELLE, Administrateur et Secrétaire Francophone de l’URBA, On6dp@on6dp.be  – 0495/21 40 51

2.         HISTORIQUE

1827, Samuel Morse se découvre une passion pour l’électricité et suit des cours du Pr James F.Dana au Columbia College à New York

1832, Morse répond à un concours public visant à trouver un moyen de communication à distance simple et efficace. Il gagne ce concours, mais son invention ne connaît pas de suite immédiate

1837, 1er essai réussi à New-York d'une transmission télégraphique Morse.

L'américain Samuel Findley Breese MORSE (peintre, 1791-1872) met au point le télégraphe « Morse » avec des points seulement. C’est plus tard que Alfred Vail, l'assistant de Morse, a introduit l'idée des traits, le code américain s'appelait donc alors « système Morse/Vail ».

Il réussit à transmettre des informations sur une distance d'environ  600 m  et  dans  les  2  sens.

1843-1844, Le Congrès des États-Unis lui alloua trente mille dollars américains pour la construction d'une ligne télégraphique expérimentale entre Washington DC et Baltimore (Maryland). La ligne de 160 miles (256 km) fut installée avec succès et, le 24 mai 1844, Morse envoya son premier message à son assistant, Alfred Vail. Il s'agissait d'un verset de la Bible : « What Hath God Wrought » (Nb 23, 23). Son assistant les a décodés sans problème et les lui a renvoyés pour confirmation. À ce moment, Morse sut qu'il venait de révolutionner le monde des communications.

1850/1851, l'Allemand GERKE améliore le système Morse/Vail trop compliqué et donnant lieu à des erreurs. Cette modification du code original devient le code Morse international (en fait il faudrait l'appeler le système Morse/Vail/Gerke). Il était parfois appelé aussi le code Morse continental car utilisé dans de nombreux pays en Europe. Ce nouveau code devient le standard pour les transmissions télégraphiques sauf en Amérique du Nord où l'ancien code était utilisé sur les circuits terrestres (toutefois le nouveau était en vigueur sur les câbles sous-marins).

1854, Cette année-là il y a déjà 37.000 kms de lignes télégraphiques

1858, Les gouvernements d’une dizaine de pays européens offrent 400.000 francs à Samuel Morse pour son invention.

Le 16 août, le premier message transatlantique est envoyé par le Président Buchanan à la Reine Elisabeth d’Angleterre

1895, des messages morse sont envoyés sur une distance de 2,5 km par Guglielmo MARCONI (antenne de 8 mètres terminée par une plaque de 1 m de coté). Il constate que plus l'antenne est haute plus la portée est grande.

1898, 5 novembre, Eugène DUCRETET et M. ROGER réussissent la première liaison radiotélégraphique au-dessus d'une grande ville, entre la tour Eiffel et le Panthéon (distance : 4 km).

1901, 12 décembre à 12h30, Marconi réussit la première liaison transatlantique sur une distance de 3400 km entre Terre Neuve (poste récepteur) et Poldhu en Cornouaille (émetteur). MARCONI et Georges KEMP reçoivent à Terre Neuve le signal des trois points en Morse. (Trois points bien cadencés pour charger le moins possible la batterie et distinguer le signal d'un parasite qui peut apparaître sous forme d'un ou deux points).

1904, 21 janvier, première émission française de TSF par le Général FERRIE depuis la Tour Eiffel.

1904, de nombreux transatlantiques britanniques sont équipés avec des postes de radio. Les opérateurs viennent surtout des rangs des télégraphistes de la poste et du chemin de fer.

1906, première conférence internationale officielle sur la radiotélégraphie à Berlin (vingt-neuf pays), adoption de la convention radiotélégraphique internationale.

1908, Le 1er juillet, le SOS devient le signal de détresse officiel

1910, Les paquebots sont obligés de s'équiper de la TSF.

1912, le naufrage du Titanic entraîne la codification des messages de détresse (SOS).

« SOS SOS CQD CQD TITANIC WE ARE SINKING FAST PASSENGERS ARE BIENG PUT INTO BOATS TITANIC” (Traduction: « Nous sombrons rapidement, les passagers embarquent à bord des chaloupes »)

1918, 22 septembre, 1er message radiotélégraphique direct de Londres vers l'Australie.

1921, découvertes des propriétés des ondes courtes, des amateurs américains obtiennent des portées de 3000 à 4000 km sur des longueurs d'ondes de 200 à 250 mètres.

 Vers la fin des années 1920, la technologie des téléimprimeurs automatiques engendre le remplacement progressif des opérateurs Morse. Certaines liaisons filaires manuelles seront utilisées jusque dans les années 1960-1970 dans certains pays comme au Canada et au Mexique.

 1940-1944, en France de nombreux opérateurs clandestins transmettent en Morse des messages pour la Résistance vers "la centrale" des services secrets à Londres.

1999-2000, le code Morse est abandonné commercialement pour les liaisons avec les bateaux dans de nombreux pays. Les radioamateurs deviennent les gardiens des transmissions en code Morse.

 

3.         SITUATION ACTUELLE

A.        DESCRIPTION

Le code Morse est un moyen de communication universel qui encode des lettres, des signes de ponctuation et des chiffres afin de les transmettre et de les recevoir très rapidement et souvent sur de longues distances, via des lignes télégraphiques ou des ondes radio.

Composé d'une série de points (également appelés «dit») et de traits («dah»), le code Morse, en particulier le Q-code internationalement reconnu, permet à tous de communiquer indépendamment de la langue et des graphismes. Alors que dans le passé l'utilisation du code Morse était établie dans de nombreux secteurs professionnels (tels que l'armée ou les stations météorologiques), il n'est aujourd'hui utilisé professionnellement que dans une mesure limitée. La connaissance du code a donc considérablement diminué.

Ce sont des radioamateurs du monde entier qui perpétuent la connaissance et la pratique du code Morse. Des milliers de radioamateurs utilisent le code Morse chaque jour pour communiquer avec le reste du monde.

Actuellement, ils sont encore les seuls à utiliser la télégraphie (et donc le code Morse) dans la pratique dans le monde entier. La passion pour le code rassemble ce groupe très diversifié de personnes et fait vivre ce langage commun. Pour pouvoir envoyer et recevoir des messages, la connaissance du code est bien sûr est nécessaire, et donc des formations et une éducation à sa pratique. C'est pourquoi les associations de radioamateurs organisent des formations, des journées de sensibilisation et des compétitions, afin de transmettre leurs connaissances et leur expertise. En plus de ces connaissances, l'utilisation du code Morse nécessite également l'équipement nécessaire, comme des émetteurs et des télégraphes.

Le code a été inventé et développé en 1835 par Samuel Morse dans le but de l'utiliser pour la télégraphie (en grec pour «écrire de loin»).

Dès le départ, le code Morse a joué un rôle important dans la société : les transactions boursières se sont soudainement déroulées beaucoup plus rapidement; les gens pouvaient rester en contact plus facilement grâce aux télégrammes; dans les situations d'urgence, l'aide pourrait être lancée plus rapidement; le trafic ferroviaire s'appuyait sur le code Morse pour que tout fonctionne bien; la guerre a radicalement changé avec l'avènement du code Morse; les prévisions météorologiques sont devenues plus précises parce que la communication était plus rapide et que la recherche scientifique dans les endroits difficiles d'accès est devenue possible. Le code Morse était également utilisé à des fins récréatives, comme avec les clubs de jeunes. Le code Morse a été utilisé dans plus de pays qu'il n'y a de langues parlées. Avec l'avènement des communications par satellite et de l'informatique, le code Morse est rapidement tombé en désuétude à la fin du XXe siècle.

 

Le code Morse se distingue par le fait qu’il peut être pratiqué sans aucun artifice extérieur a contrario des modes de communications modernes. En effet, la connaissance de ce mode de communication suffit.

Aux yeux de la nouvelle génération, il apparaît que le morse est devenu un mode de transmission archaïque sans intérêt, les transmissions numériques étant plus performantes à leurs yeux.

On oublie trop souvent que le code morse peut toujours être pratiqué alors que tous les autres codes de transmission ne peuvent plus être assurés si un manque d’électricité, d’ordinateurs, de terminaux, …. se produit.

Il a donc encore toute sa pertinence.

Morse lumineux

Du fait de sa simplicité – allumé ou éteint, long ou court – le Morse peut aussi s’utiliser sous forme de signaux lumineux. De nombreuses marines dans le monde entier emploient des feux clignotants pour communiquer de vaisseau à vaisseau quand l’équipage ne veut pas utiliser la radio ou que celle-ci ne fonctionne plus. La marine américaine est en train de mettre au point un système qui permettrait à un utilisateur de taper des mots et de les convertir en signaux lumineux. Le poste récepteur du destinataire décoderait ces signaux et les convertirait à nouveau en texte.

En 2017, grâce à sa maîtrise du Morse appris à l’armée, un homme blessé au cours d’une promenade a pu communiquer avec sa femme depuis la plage où il se trouvait en se servant de sa torche électrique.

Autres messages en Morse

L’exemple le plus célèbre d’utilisation du Morse dans l’histoire contemporaine est probablement celui de Jeremiah Denton, pilote de la marine américaine fait prisonnier au Vietnam. En 1966, environ un an après le début de sa captivité, qui durerait près de huit ans, cet officier a été contraint par ses geôliers nord-vietnamiens de participer à un entretien vidéo de propagande sur ses conditions de détention. Profitant de ce que la caméra faisait un gros plan sur son visage, il a cligné des yeux pour transmettre en Morse le mot torture, confirmant ainsi pour la première fois les craintes des États-Unis quant au traitement des soldats américains capturés au Nord-Vietnam.

Cligner des yeux en Morse prend du temps, mais permet aussi d’aider des personnes souffrant de maladies ou de handicaps qui les empêchent de parler ou de communiquer par d’autres moyens. Un certain nombre d’appareils (y compris les portables iPhone et Android) peuvent être configurés pour transcrire les messages en Morse de personnes aux fonctions motrices limitées.

Il existe encore aujourd’hui de nombreuses façons d’apprendre le Morse et de le pratiquer, y compris sur internet. Dans les situations d’urgence, il s’agit parfois du seul moyen de communication dont on dispose. Au-delà de cela, le Morse est tout un art en soi, avec son rythme et sa fluidité. Envoyer et recevoir des messages en Morse peut avoir un effet apaisant, voire plonger l’utilisateur dans un état méditatif tandis qu’il se concentre sur le flux de lettres, de mots et de phrases qui lui parviennent. L’outil le plus simple est parfois le meilleur !

 

B.         DOMAINE(S) DU POI          

- Les traditions et expressions orales, y compris la langue

- Les savoir-faire liés à l’artisanat

C.         TRANSMISSION

- L’élément est-il bien vivant ?

Actuellement, le code Morse est encore pratiqué mais presque exclusivement par des radioamateurs de par le monde entier. Parmi cette communauté, la transmission en code morse est appelé CW.

L’apparition de nouvelles technologies a précipité l’abandon de l’utilisation du code morse par les services officiels (ambassade, services postaux, météo, balise de guidage, …)

Petit à petit, l’utilisation d’un tel code de transmission passe dans l’oubli de la mémoire collective.

Au XXème siècle, les applications du code morse ont été nombreuses : Dialogue visuel entre navires, indication de phares marins, encodage de messages secrets des ambassades, messages météo,…..

Les nouvelles technologies ont bien sûr fait évoluer les moyens de communication.

- Comment est-il transmis aujourd’hui ?

Le code Morse tel qu’initié par Marconi est le seul mode de transmission qui ne nécessite aucun artifice et dont l’efficacité technologique n’est plus à démontrer. L’URBA a à cœur la poursuite des formations pour que le code morse fasse toujours partie de la mémoire collective et ne soit pas abandonné totalement aux profits de moyens de communication plus sophistiqués mais parfois moins performants

Une simple consultation du web montre qu’un intérêt pour le Morse est encore bien réel pour y trouve quantité de site ou de vidéos qui y sont consacré.

Dans ses formations et démonstrations au jeune public, l’URBA attire l’attention sur certains aspects de la vie quotidienne où le code morse est présent (L’annonce SMS sur les smartphones qui est entendue en code morse, les films historiques où des scènes de transmission Morse sont encore présentes,….)

             Quelles sont les actions entreprises pour garantir la viabilité de l’élément et sa transmission ?

L’Union Royale Belge des Amateurs émetteurs asbl, la seule association belge reconnue par l’I.A.R.U (International Amateur Radio Union), organise des cours de transmission en morse et participe à des concours de transmission en morse qui se font dans le monde entier, plusieurs fois par mois. Ce type d’activité contribue à une certaine pérennité de ce mode de transmission.

L’association dispense des formations et démonstrations vers tous les publics, y compris au jeune public.

En Belgique, depuis le 1er août 2003, l'obligation de connaître la télégraphie (le code Morse) pour avoir accès aux bandes HF (en dessous de 30 MHz) a été supprimée. Ce qui ne veut certainement pas dire que le Morse n'est plus utilisé ou ne sera plus utilisé sur les bandes HF des radioamateurs.

Le Morse reste la langue internationale par excellence qui permet, au-delà des barrières de langues et aussi dans les conditions de propagation les plus difficiles, de communiquer avec des moyens les plus rudimentaires.

A tel point qu’à défaut d’organiser ce type de formation aux Pays-Bas, les radioamateurs souhaitant ou devant prouver leur connaissance du morse dans certains pays, viennent passer leur examen de compétence de morse en Belgique.

Assez paradoxalement, au vu de l’évolution technologique, les jeunes s’intéressent de plus en plus au monde radio amateur et aussi au morse. L’URBA compte ainsi parmi ses membres de nombreux jeunes qui s’intéressent à ce mode de transmission. La plus jeune membre est âgée de 13 ans.

De nos jours, les formations, souvent organisées au sein des 82 sections de l’URBA, sont structurées par l’apprentissage de groupe de lettres. D’abord, les lettres composées d’un seul point  (5 lettres  E I S H 5) puis celles ne reprenant qu’un trait (TMO0). Puis, au fur et à mesure, on introduit un mix des 2 jusqu’à avoir appris l’ensemble des lettres. Pour finir, les chiffres viennent s’adjoindre à l’apprentissage et au final les sigles tels que , ; : = .  

Une fois le code morse appris par les élèves, on passe à l’apprentissage du trafic en code morse sur les ondes et de faire des contacts

La durée de formation est bien sûr dictée par les capacités de l’élève à intégrer le code. En effet, certaines personnes sont plus habituées à la « musique » de chaque lettre, d’autres se rendent comptent qu’il est plus difficile d’assimiler le code, d’autres ont besoin de plus de temps d’apprentissage lorsque la vitesse de transmission du morse augmente. En général, en moyenne une période de max. 6 mois est nécessaire.

Une fois par an, l’association organise la « Journée des Jeunes » (Youngers on the Air - YOTA) pour leur transmettre la connaissance du monde radio amateurs et des modes de communication dont le morse.

Il en va de même pour la « Journée de la Science » où les jeunes élèves ont la possibilité de construire leur récepteur radio et donc de se familiariser avec les composants, les phénomènes radio.

En 2018, elle a eu lieu à Tour & Taxi, et en 2019 au musée de la Science à Liège. En 2020, la journée n’a pas pu être organisée pour cause de COVID.

Depuis de nombreuses années, l’association des radio-éméteurs s’est aussi tournée vers des associations de « Scouts » qui sont sollicitées pour permettre à leurs jeunes membres d’émettre sur les ondes dans divers modes. Moyennant le respect de certaines obligations légales, ils ont pu obtenir la collaboration de l’IBPT pour que des jeunes ne disposant pas d’une licence puissent émettre durant une journée annuelle évènementielle.

Les actions sont donc diverses afin de transmettre les connaissances à la jeune génération. Au sein de l’association L’Union Royale Belge des Amateurs émetteurs, une « Commission Jeunes » a d’ailleurs été créée.

Hormis, la transmission du code morse aux jeunes, il ne faut pas oublier les armées du monde entier qui utilisent encore le code morse de nos jours, bien qu’elles soient tentées d’utiliser les satellites, les nouvelles technologies.

On pourrait lire cela comme étant une volonté d’intégrer les « anciens modes » de communication dans les nouvelles technologies de transmission afin de faire perdurer le code Morse.

 

Le site Internet de l’association participe activement à la transmission du Code Morse. Les horaires de formations, les dates de journées thématiques plus évènementielles, des cours en ligne, des concours, des news permettent aux amateurs de garder le contact, de s’entraîner à la pratique du Morse, d’échanger et d’entretenir les liens entre praticiens. https://www.uba.be/fr

 

D.        SAUVEGARDE

- L’élément est-il menacé de disparition ?

Suite à l’abandon du code Morse par les utilisateurs professionnels et l’utilisation de nouvelles technologies, seuls les radioamateurs pratiquent encore activement et régulièrement le code Morse. Seuls certains pays extra-européens exigent encore la connaissance du code Morse en vue de l’obtention d’autorisations de transmission radio.

- Quels sont les menaces et dangers éventuels ?

-             Développement, émergences des nouveaux modes de communications numériques

-             L’abandon par les services officiels de ce mode de transmission. Par exemple, en 1999, l’organisation maritime internationale a décidé l’abandon officiel du morse comme code de transmission

-             Le besoin de notre société d’échanges simultanés d’informations instantanées

-             La disparition du matériel destiné à la transmission du morse

- Actions entreprises pour assurer la sauvegarde ?

Les radioamateurs soutiennent encore activement le morse lors d’exercices, et lors de compétitions. Les associations de radioamateur telles que l’UBA dispensent des formations. L’institut Belge des postes et télécommunications (IBPT) a confié à l’UBA la préparation des candidats aux examens de Code Morse, en vue de l’obtention de la licence Radio amateur valable internationalement.

Ce certificat donne droit au titre officiel de Radio Télégraphiste privé de 5eme catégorie tel que défini dans les Arrêtés Royaux régissant la matière des radiocommunications.

Avec des exercices appropriés (par exemple en écoutant les bandes décamétriques), on peut atteindre des vitesses supérieures à 20 mots par minute.

Mais pourquoi faire du morse et s'obstiner à faire de la télégraphie à 20 mots/minutes alors que la téléphonie permet de transmettre beaucoup plus de mots par minute? Une seule réponse s’impose : Tout simplement parce que la télégraphie, donc le morse, permet une transmission sans erreurs dans les conditions les plus défavorables. Et surtout, pour le plaisir ! La maîtrise d'un langage qui n'est pas connue est souvent un amusement.

- L’élément doit-il bénéficier de mesures de sauvegarde urgente ?

OUI car le code Morse est menacé de disparition suite à l’avènement des nouvelles technologies numériques qui font partie de notre vie quotidienne.

Bien que des jeunes s’intéressent aux codes morse, d’autres, plus nombreux, considèrent le code morse comme un mode de communication archaïque, dépassé et n’ayant aucun intérêt.

Pour eux le smartphone, la tablette, l’ordinateur est beaucoup plus pratique ayant plus de possibilité.

Mais ils ne s’intéressent pas à ce qu’il y a derrière ces nouveaux modes de communication ; ces services peuvent s’interrompre à tout moment mais pas le code morse qui ne dépend d’aucun service intermédiaire entre l’émetteur et le récepteur.

E.         ASPECTS SOCIOLOGIQUES ET HUMAINS

- Qui sont les détenteurs, praticiens de l’élément ?

Au vu des avancées technologiques en matière de télécommunications, de nos jours, les radioamateurs sont principalement les gardiens de l’utilisation du code Morse qui se pratique quotidiennement dans leurs contacts nationaux et internationaux.

F.         ETENDUE GÉOGRAPHIQUE

Le Code Morse (ou CW) est universel. On peut considérer légitimement que l’étendue de ses applications est internationale.

Dans le monde entier, le code morse est diversement utilisé.

Quelques exemples dans le monde de l’utilisation du code morse qui ont récemment ou qui risquent de disparaitre ou faire place aux nouvelles technologies :

- Les garde-côtes américains ont cessé de guetter les messages de détresse en 1995 : La loi obligeant les navires à le faire a été abrogée en 1999, bien que la marine américaine continue d’apprendre à certaines de ses recrues à décoder, envoyer et recevoir des messages en Morse.

- Les armées du monde entier apprennent encore ce mode de communication à leurs soldats qui pourraient se retrouver en situation délicate, sans mode de communication moderne ; le morse ne nécessitant aucun artifice de communication.

- L’aviation utilise également la sous-bande VHF pour d’autres types de radiobalises (systèmes VOR et ILS) qui transmettent également leurs indicatifs (de 3 à 4 lettres) en morse.

G.        LÉGALITÉ

- Démontrer que l’élément est conforme aux Droits de l’Homme, au respect mutuel et à la législation en vigueur en FWB.

Dans le monde entier, le code morse est identique et les transmissions qui sont faites le sont sur base des législations européennes et nationales qui, de fait, respectent les droits de l’homme. Il est tout à fait interdit de transmettre des informations à caractère religieux, philosophiques ou politiques. La communauté internationale de radioamateurs ne fait aucune distinction entre les opérateurs et est soucieuse de permettre à chacun, intéressé par la transmission en code morse, de pouvoir exercer cet art.

 H.        FONCTIONS SOCIO-CULTURELLES

Expliquer le rôle socio-culturel de l’élément sous quatre aspects :

- Dialogue intergénérationnel :

L’URBA est soucieuse de pouvoir pérenniser son activité et donc aussi le morse. Dans cette optique, elle propose régulièrement des journées de sensibilisation auprès de jeunes en leur permettant de monter des petits émetteurs en Morse  (CW) et de leur expliquer comment transmettre en morse.

Il faut souligner que ce type d’activité rencontre un franc succès parmi les jeunes.

A l’issue cette forme de sensibilisation, des jeunes sont attirés par le « virus » de la connaissance de la radio et s’inscrivent comme membres de l’association. Il ne faut pas se leurrer, leur affiliation dépend aussi de l’affinité de leurs parents avec cette matière. Afin que le paiement de la cotisation ne soit pas un frein, celle-ci est réduite pour les jeunes. La cotisation est également réduite si plusieurs membres de la famille souhaitent devenir membres.

(45 €/an : membre réguliers – 29€/an, pour les moins de 21 ans et les porteurs de handicap – 26€ pour le 2e membre de la famille – 15€ à partir du 3e membre de la famille)

- Dialogue multiculturel :

Le langage utilisé par le code Morse est universel. Il est constitué d’une codification identique quelle que soit la culture, la langue, la religion, l’âge, le lieu géographique,…..

L’objectif est de pouvoir échanger des considérations techniques et de participer à des échanges entre différentes composantes de la communauté.

- Développement durable (environnement, santé, économie inclusive, etc.) :

Les liaisons télégraphiques respectent l'environnement. Avec l'utilisation d'un casque d'écoute, le trafic télégraphique est tout à fait inaudible pour votre environnement immédiat, ce qui n'est pas le cas pour les liaisons en phonie.

- Diversité et créativité humaine :

Le code Morse a été utilisé dans la musique et notamment par le groupe musical « Kraftwerk » qui en a fait la chanson bien connue « Radioactivity » ou encore Charles Trenet.

Les fabricants de nos smartphones actuels ont introduit dans les sonneries annonçant l’arrivée d’un SMS, le code Morse qui est en réalité la transcription des lettres S  M  et S

La création de sites internet dédiés au code MORSE et ou à son apprentissage ont vu le jour sur internet. Et même des applications pour smartphones qui permettent de décoder le morse ce qui est très utile dans le cadre d’un apprentissage de ce langage.

Le code Morse inspire également les artistes plasticiens contemporains, comme Brigitte Kowanz par exemple. Avec son installation artistique, Brigitte Kowanz démontre que l’alphabet Morse peut également être reproduit au moyen de la lumière. Ce faisant, elle rend hommage à l’invention pionnière de l’artiste et inventeur Samuel Finley Breese Morse, qu’il faut compter parmi les précurseurs historiques de la transmission électronique des données.

Dans le monde de la mode, il est même possible de trouver le code morse décliné sur la création textile, en bijouterie, en motif de tatouage, éphémère ou permanent.

Toute cette créativité et cet intérêt pour le code Morse (CW) témoigne de l’entrée du Code Morse dans la culture collective.

 

I.         RECONNAISSANCE

Qu’est-ce que la reconnaissance en tant que Chef d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles a apporté à l’élément ?

 

Les éléments évoqués ci-dessus indiquent que dans quelques dizaines d’années, le code morse risque de passer dans l’oubli si on ne se mobilise pas pour qu’il puisse faire partie d’un patrimoine immatériel.

C’est le 1er mode de communication entre humains situés à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Il a contribué à les rapprocher, à faire connaître les différentes composantes humaines de la Terre, à permettre de découvrir des peuples et à postériori à faire circuler l’information de manière universelle et plus rapidement que par des coursiers de toute nature.

Il parait important de conserver en mémoire l’origine des communications entre humains et quels dispositifs ingénieux qui permettent encore de nos jours de faire des transmissions en code Morse, toujours bien vivant dans notre monde de nouvelles technologies. La pratique du code morse doit être préservée.

 

4.         DOCUMENTATION ANNEXE

- Ressources en ligne :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_Morse_international

https://fr.wikipedia.org/wiki/Morse

http://www.utc.fr/~tthomass/Themes/Unites

https://www.uba.be/fr/accueil/cw/pourquoi-apprendre-la-cw

https://www.uba.be/sites/default/files/media/cw/ubacw_titanic.mp3  (Message de détresse du Titanic en Morse)

Quelques témoignages de soldats : https://fr.quora.com/Qui-apprend-encore-le-code-morse-de-nos-jours

« Radioactivity » du groupe musical « Kraftwerk » : https://www.uba.be/sites/default/files/media/cw/ubacw_kraftwerk.mp3

https://fr.vikidia.org/wiki/Code_Morse

https://fr.scoutwiki.org/Morse_(apprentissage)      (apprentissage du Morse par les Scouts et les méthodes d’apprentissage)